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[Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard)

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Mélusine Duval
Mystérieuse beauté froide



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MessageSujet: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Ven 21 Mai 2010 - 0:27



Mélusine entra dans sa chambre se trouvant au deuxième étage en prenant soin de bien refermer la porte à clé derrière elle. Elle poussa un petit soupir et passa sa main dans ses cheveux en ôtant les épingles maintenant son chignon. Les longues mèches de cheveux retombèrent sur ses épaules avec souplesse, dévoilant ainsi sa magnifique chevelure. Elle desserra un peu le laçage de son corset puis s’installa sur la méridienne en posant les épingles sur le petit guéridon à côté. Un petit étui en métal était posé là avec un fume-cigarette, quelques allumettes et un joli cendrier rouge.


Sa chambre était plutôt sobre, assez spacieuse, dans les tons rouges, un lit à baldaquin avec des voilages assez fins bordeaux, une coiffeuse avec un grand miroir et tout un tas de flacon et autres poudres bien alignés, quelques étagères avec toutes sortes de livres, une armoire banale, et une très belle commode en bois, finement sculptée, qui dépareillait le reste de la pièce. C’était l’une des rares choses qui lui restait de sa maison maternelle, son père l’avait fait lui-même de ses mains, passant de très longues heures à polir et sculpter les motifs et petits détails de l’imposante commode. Il n’avait guère été simple de la ramener à Ambrosia, mais elle tenait absolument à ce meuble de grande valeur aussi bien sentimentale que financière.


Elle poussa un autre soupir un peu plus long en étendant ses jambes fatiguées sous sa longue jupe. Une petite heure de pause lui ferait le plus grand bien. Le travail à la maison close n’était pas de tout repos. Hormis les comptes à gérer ou les achats pour rendre le lieu plus attractif et glamour, il y avait aussi toutes les petites querelles à supporter de ses protégées. Quand elles ne se battaient pas pour un client, il fallait qu’elles se disputent pour un collier emprunté ou une brosse égarée. Mais Mélusine avait l’autorité nécessaire pour faire cesser ces chamailleries et que chacun retourne à ses occupations.


Elle porta à sa bouche pulpeuse le fume-cigarette, craqua une allumette et alluma la cigarette. Elle regarda pensivement la commode en faisant des ronds de fumée et caressant ses cheveux de l’autre main. Elle resta quelques minutes ainsi, regardant dans le vide, ne se souciant pas de ce qu’il se passait au dehors de sa chambre, aspirant et recrachant la fumée, s’affalant sur la méridienne avec nonchalance, un sein sortant à moitié de son corset. Elle revient à elle en entendant des rires et des voix provenant certainement du rez de chaussée, se redressa et éteignit sa cigarette dans le cendrier.


Elle se leva doucement et se dirigea vers la commode. Il y avait quatre grands tiroirs avec différents vêtements entassés à l’intérieur, de la lingerie, des écharpes et étoffes des plus jolis tissus et matières que l’on pouvait trouver à Ambrosia. Sur la commode il y avait un grand vase avec de belles roses au parfum exquis. Certains habitués de la maison close avaient pris l’habitude d’envoyer quelques fleurs à la patronne, espérant peut être un jour froisser les draps de son lit ou simplement pour la remercier de tenir en état un établissement où ils pouvaient se laisser aller à leur plus grand fantasme sexuel.


Elle s’accroupit et tira le dernier tiroir. Il y avait de la belle lingerie en dentelle et des corsets assez précieux et onéreux. A première vue, le tiroir ressemblait à ceux du dessus, mais en regardant mieux, on pouvait voir qu’il était beaucoup moins profond en hauteur. Cela pouvait encore plus se voir lorsque Mélusine ôta les pièces de lingeries qui s’y trouvait, les posant soigneusement sur le sol de la chambre. Elle passa ses mains dans le fond en caressant le bois, puis souleva la plaque d‘un coup sec. Sans aucun doute, c’était un système très astucieux de double fond que son père avait fabriqué là. A l’époque il y avait mis des documents importants sur son travail mais surtout des papiers que Mélusine n’avait trouvé que pendant le déménagement qui avait révélé ce double fond. Des papiers d’adoption. Rien de très formel, pas de nom très lisible, juste une sorte de contrat comme quoi la personne qui avait apposé une signature en bas de page devait convenir de ne pas chercher à récupérer l’enfant. Ce document, Mélusine l’avait lu en long, large et travers, ne comprenant pas du tout ce que cela signifiait. Quel enfant avait pu bien être adopté ? Et par qui ? C’était pourtant bien écrit de la main de son père, mais cette signature illisible, elle n’avait pas la moindre idée de qui cela pouvait être. Une écriture fine sûrement une femme. Il n’y avait pas non plus de date. Cela l’avait perturbé un moment, pensant surtout à sa sœur. Cela pourrait sans doute expliquer leur différence de caractère. Mais Mélusine était certaine qu’elle ne pouvait pas être une enfant adoptée, elle avait trop de ressemblance physique avec son propre père, un peu moins avec sa mère si ce n’est le tempérament de feu de celle-ci. Ne pouvant trouver aucune explication logique à ce contrat, elle le laissa à l’intérieur du tiroir, se débarrassant d’autres papiers sans importance, et y mettant d’autres documents à elle à la place.


Il y avait également un petit coffret qui tenait tout juste à l’intérieur. Le coffret était du même bois que la commode, sculpté finement représentant deux cerfs sur le dessus, l’un allongé sur l’herbe, l’autre debout avec de grandes cornes sur le front. Il y avait un verrou sur le devant. Mélusine prit le coffret à deux mains et l’apporta sur la coiffeuse. Elle souleva le couvercle un petit pot sur celle-ci et enfourna sa main dedans en y retirant une petite clé qu’elle glissa doucement dans la serrure du coffret en bois. Un petit cliquetis se fit entendre et elle souleva le couvercle. A cet instant précis un petit frisson lui parcouru le corps en même temps que la pupille de ses yeux se dilata légèrement à la vue du contenant. Elle entrouvrit sa bouche en posa sa main droite sur les trois fioles qui s’y trouvait. Soigneusement rangées sur un tissu de velours rouge, à l’intérieur, les petits fioles attendaient qu’une personne vienne les utiliser. Il y avait une étiquette déchirée sur chacune d’elle mais il y avait des rubans de couleurs autour pour les distinguer.


Mélusine prit la première, le ruban jaune qu’elle leva à la lumière du jour pour voir le liquide qui s’y trouvait . Un liquide plutôt clair, tirant vers le jaune, avec un peu de résidus au fond. La fiole ne semblait pas avoir été encore ouverte. Elle la reposa et prit la seconde fiole au ruban rouge. Des frissons d’excitation la parcourait quand elle les regardait, comme si c’était des bijoux très chers et qu’elle devait décider lequel elle porterait le soir d’un bal. Mais là en l’occurrence ce n’était certainement pas quelque chose à se mettre autour du cou ou sur la peau. La fiole contenait un liquide plutôt dans les verdâtres et on l’avait déjà utilisé pratiquement à moitié. Enfin le dernier flacon, elle n’y toucha pas, il y avait un ruban noir autour. Et il était bien entamé.


Une porte claqua au loin. Elle sursauta légèrement semblant entendre des pas monter l’escalier. Elle referma le coffret et fit un tour avec la clé qu’elle remit dans le pot en reposant le couvercle dessus. Elle marcha jusqu’à la commode précipitamment, en replaçant le coffret et remettant le double fond puis dispersant la lingerie dessus et referma le tout. Elle se redressa, ajustant son corset et le resserrant puis passa à nouveau devant la coiffeuse pour se regarder dans le miroir. Elle se pencha en regardant sa bouche et posa son index dessus pour éparpiller le rouge uniformément sur les lèvres. Quelqu’un semblait approcher de sa chambre d’après les bruits qu’elle entendait. Non décidément, une petite heure de repos au calme elle ne pouvait pas l’avoir aujourd’hui…


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Richard Welton
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Sam 22 Mai 2010 - 15:41

Arrow Entretiens avec les deux prostituées

Ses entretiens avec les deux prostituées ne l'avaient guère avancé au final. Elles n'avaient pas pu lui donner un nom, ou refusait catégoriquement de le faire, par peur ou autre. Tout ce qu'il avait pu en tirer, était ce que lui avait déjà dit Algardi lors de leur entretien. Une sorcière qui créait des potions maléfiques, qui pouvait vous lancer des sorts, vous maudire pour de bon... rien de très pragmatique aux yeux de notre enquêteur qui avait du mal à croire que la magie puisse réellement exister. Par contre, que cette femme soit une empoisonneuse, ça, il le gardait en mémoire, car c'était un fait qui pouvait s'avérer totalement vrai. Il suffisait simplement, maintenant, de lui mettre la main dessus. Pour cela, Richard avait besoin d'un nom, d'une adresse, de quelque chose d'un peu plus formel que des rumeurs et pour cela, quoi de mieux que d'aller parler à la gérante de l'endroit? Il la connaissait de réputation, il savait pertinemment quelle source d'information elle pouvait être, il faudrait juste savoir quel en serait le prix.

Quitter l’étage des témoins, lui permettait, aussi de se sentir moins oppressé par cette odeur d’opium fort présente dans les couloirs et le boudoir. Car connaissant ses penchants, il se savait à la merci d’une envie subite d’une chasse au dragon, alors que ce n’était pas le moment. La tentation était forte et sa volonté était bien loin d’être à toute épreuve, quand cela concernait ses vices. Ce n’était pas le fait d’être « en service » qui lui donnait une certaine morale, non, c’était plutôt le fait de vouloir rester bien concentré sur les informations qu'il collectait. Rien ne l'empêcherait ensuite d'aller s'installer sur une couche une petite heure... c'était à voir, même s'il se doutait déjà de sa décision, le boulot avant tout autre plaisir.

Son manteau soigneusement posé sur le bras, son chapeau tenu dans une main, le Grand descendait donc d'un pas tranquille les quelques marches qui le séparaient encore du palier de ce nouvel étage, les bruits étouffés que l'on pouvait entendre derrière les portes de l'établissement, ne mentaient pas un seul instant sur ce que l'on y trouvait. Mais ça ne semblait pas le déranger plus que cela. Après tout, lui aussi venait parfois se perdre dans les bras de ces femmes qui vendaient leurs corps contre quelques doux plaisirs et quelques sous... bien entendu. Il marqua un temps devant la porte de la patronne, avant de frapper trois coups secs contre le bois. La main posée sur la poignée, il l'avait ouverte dès qu'on le lui avait donné la permission. Non, notre enquêteur n'était pas du genre à attendre très longtemps.

En fait, même s'il ne l'avait eue, il l'aurait fait. Son enquête ne souffrait pas les retards et il fallait qu'il avance. Il avait besoin de retourner dehors, de pouvoir s'emplir les poumons d'air un peu moins vicié et tentateur. Un visage alors tout à fait neutre, il remarqua bien rapidement qu'il dérangeait. C'était rare, de toutes les façons, que ce soit le contraire. Un coup d'oeil rapide à la pièce, permit au policier de voir qu'elle était plutôt modeste, la dame n'avait pas énormément de richesse à exposées, ce qui aurait pu lui paraître étrange. Elle avait beau tenir une maison close de "luxe", il était évident qu'elle ne devait pas non plus rouler sur l'or. Et même si ces messieurs, riches infidèles, pouvaient parfois lui envoyer quelques cadeaux de remerciement, ça ne permettait pas de vivre non plus... encore moins les fleurs qui trônaient fièrement sur les meubles de la pièce.

Son regard avait fini par revenir sur la dirigeante de l’établissement. Il avait déjà eu l'occasion de l'étudier rapidement alors qu'ils s'étaient croisés quand elle l'envoya voir ses filles, il avait déjà noté la prestance qu'elle dégageait. Maintenant qu'il l'avait en face d'elle, un peu plus concentré sur sa personne et non plus sur d'autre, cette sensation se faisait plus forte et il comprenait parfaitement pourquoi on parlait de cette femme en termes élogieux.

- Madame... excusez-moi de vous déranger ainsi, mais j'en ai fini avec vos demoiselles - et d'ailleurs, je vous remercie d'avoir accepté que je les interroge - mais j'ai encore quelques questions à vous poser, avant de partir. Je sais combien ma présence en ces lieux n'est pas pour vous plaire, ou encore plaire à votre clientèle, alors... j'espère que nous trouverons rapidement un terrain d'entente.

C'était sûrement un peu trop brusque comme approche, mais il fallait en finir. Welton était fatigué de ces deux autres entretiens, les femmes... il avait toujours eu l'impression que c'était plus compliqué avec elle. Le tact était important, encore plus en fait. Et ces deux prostituées avaient eu tendance à se braquer comme jamais à la moindre de ses remarques. Autant croisez les doigts pour que celle qui lui faisait face maintenant, soit un peu plus... ouverte à la discussion.

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Dernière édition par Richard Welton le Jeu 24 Juin 2010 - 15:34, édité 2 fois
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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Sam 22 Mai 2010 - 17:37


Mélusine se tenait devant sa coiffeuse, remettant ses cheveux correctement devant le miroir, lorsqu’elle entendit les trois coups à la porte. Allons bon, que pouvait-il encore y avoir de si urgent pour que l’on vienne jusqu’à sa chambre l’ennuyer ? Assurément la personne derrière la porte devait avoir une bonne raison, et elle se ferait un plaisir de la virer illico de la pièce si c’était encore les pleurs d’une de ses filles parce qu’une autre lui a piquer son client. Elle soupira en enfonçant les épingles dans sa chevelure.


- Entrez, dit-elle simplement d’un ton neutre.


Ne voyant pas qui venait de pénétrer dans sa chambre et pensant que c’était une des filles elle continua :

- Serait-ce trop vous demandez que de me laisser me reposer une petite heure ? J’espère que vous avez une... Elle s’interrompit en se retournant découvrant le policier se tenir devant la porte. Elle fut surprise un instant, le dévisageant d‘un regard étonné. Sa silhouette cadrait parfaitement dans l’embrasure de la porte. Il avait du charme, bien que son visage portait les cicatrices du temps , cela se voyait au premier coup d’œil qu’il était un parfait gentleman. Mais que pouvait-il bien faire ici et surtout que lui voulait-il ? Aurait-il une envie soudaine de venir froisser les draps du lit de la gérante ?


- Oh… c’est vous Inspecteur.


Elle s’approcha de quelques pas écoutant ce que lui voulait son interlocuteur. Il en avait donc terminé avec Sarah et Katy. Qu’avait-il bien pu leur demander, cela elle aimerait bien le savoir, mais elle avait déjà prévu de questionner les deux filles à ce sujet. Mélusine était très curieuse certes, mais elle n’aimait pas les cachotteries entre ses murs. Et surtout lorsque cela fait déplacer un enquêteur. C’est comme ça qu’elle savait à peu près la vie de certains de ses clients, même sans connaître leur nom, elle savait s’ils étaient mariés ou non, leurs métiers et même la prostituée qu’il préférait chez elle. Ce qui était un plus lorsqu’elle les voyait arriver, elle pouvait ainsi leur indiquer directement si la fille était libre ou pas. Mais l’enquêteur présent ne semblait pas vouloir passer du bon temps pourtant vu comme il avait un peu l’air tendu cela ne lui aurait pas fait de mal. Elle sourit entendant les mots « un terrain d’entente » jetant un petit regard rapide sur son lit.


- Je vous écoute, mais je vous en prie asseyez vous donc, lui indiquant la méridienne de la main. A moins que vous ne préfèreriez tester la solidité de mon matelas avant ?

Elle avait dit cette phrase avec un tel naturel aguicheur en souriant malicieusement qu’elle attendait à ce que l’homme soit un peu perturbé de sa proposition alors qu’il avait plutôt l’air de porter son affaire au sérieux. Après tout un peu de plaisir charnel pendant le boulot, quel mal y avait-il ? Tout le monde à le droit de s’autoriser une pause. Et puis c’était peut être aussi le moyen d’effacer certains soupçons sur sa personne.


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Richard Welton
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Sam 22 Mai 2010 - 19:44

La dame ne s'attendait pas à le voir, il en était parfaitement conscient. Lui tournant le dos, parlant alors sans faire attention de suite à l'intrus, il n'avait pas besoin de plus pour savoir qu'elle ne s'attendait sûrement pas à ce qu'il vienne la rejoindre aussi rapidement. Elle était en pause? Parfait, rien de mieux pour avoir un peu de temps pour eux. Non pas dans le sens d'user les draps, mais bien la salive. Il fallait qu'elle lui parle et il espérait bien que c'est ce qu'elle allait faire. L'air étonné de Duval ne dura qu'un instant avant qu'elle ne se reprenne. Richard la salua d'un petit signe de la tête, tout en fermant la porte derrière lui, alors qu'elle s'approchait. Comblant bien rapidement l'espace entre eux, pour leur laisser une marge de distance, mais qui était plus agréable pour parler.

De ce fait, notre ami ne manqua pas le regard de la gérante, il avait bien rapidement enregistré comment était aménagé les lieux et pas de doute que c'était le lit qui avait attiré son regard une demi-seconde. Les esprits tordus étaient nombreux dans cette citée et cela ne dérangea pas plus l'inspecteur, si cela pouvait amuser la dame d'y penser, qu'elle y pense seulement. Il resterait le plus insensible à cela, ou en tous les cas, essayerai.

Elle lui permettait de s'asseoir, il se dirigea donc vers la méridienne, fauteuil qui invitait à tout, sauf à discuter, aux yeux de notre inspecteur. Il posa alors son chapeau et son manteau à côté de lui, avant de s'arrêter dans ses gestes, tout en observant son interlocutrice. Cherchant à voir si elle était réellement sérieuse dans ses propos. Et à lire son regard, il pouvait parier que oui. D'ailleurs, si elle avait cherché à le déstabiliser, elle pouvait se targuer que pendant un instant ça avait été le cas.

Haussant les sourcils, il se passa une main dans les cheveux, prit au dépourvu par une telle proposition. Certes, il ne s’y attendait vraiment pas. Alors qu’il aurait peut-être du, après tout, il avait face à lui, l’une des Reines du plaisir de la ville, non ? Secouant alors négativement de la tête.

- Je... merci pour cette proposition très tentante Madame, mais je ne suis pas là pour cela.
Marquant une pause. Une prochaine fois peut-être. Avec un léger sourire en coin. Elle cherchait à le charmer, il savait aussi parfaitement entrer dans ce jeu. Mais ce n'était vraiment pas le moment de perdre les pédales, pour quoi que ce soit. Tant que ce n’était que des paroles, il savait qu’il n’y avait rien à craindre.

Welton se savait tout aussi sensible que n'importe quel autre homme aux charmes de ces dames, tout aussi... faible. Pourtant, il ne devait pas y penser et surtout pas se laisser aller. Le policier s'installa alors sur le fauteuil, le dos droit, un bras posé sur le dossier/accoudoir du meuble, sortant son carnet et son stylo de la poche interne de son veston, tout en ne quittant pas du regard cette charmante dame.

- Tout le monde s'accorde sur la croyance des sorcières... ce n'est pas mon cas. Pourtant, il paraîtrait qu'une dame vient parfois entre vos murs pour s'occuper des... de celles qui tombent enceinte. J'aimerais avoir son nom, si cela est possible. Et son adresse aussi.

Après tout, si cette "sorcière" avait une certaine connaissance des poisons, elle pourrait peut-être l'aider. Son frère lui avait dressé la liste des plantes utilisées pour celui qui avait tué De Voisin, maintenant, il lui fallait savoir comment des néophytes pouvaient s'en procurer. Si bien entendu, l'assassin en était un. Il détestait ne pas savoir dans quelle direction aller... insupportable pour un esprit comme le sien! La langue sèche... il aurait bien prit un whisky pour se désaltérer quelque peu.

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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Dim 23 Mai 2010 - 1:07


Constatant l’air plutôt gêné de l’enquêteur, Mélusine ne pu retenir un petit rire. Il faut dire que venir s’aventurer « Aux Vices et aux Délices » il n’allait tout de même pas sortir de ce lieu sans avoir envie d’y revenir. Elle adorait ce petit jeu de séduction, elle en était très friande et savait jouer de ses charmes et bien que l’homme n’était venu ici que pour son affaire, elle essayerait quand même d’en tirer quelque chose.

Mélusine se contenta de sourire lorsqu’il lui dit qu’il viendrait peut être une prochaine fois. Tiens, tiens, il semblerait que le poisson morde à l’hameçon. Le tout est de réussir à le ferrer maintenant. Elle l’aurait bien tenté un peu plus en se rapprochant et déboutonnant un peu le col de sa chemise pour le mettre plus à l’aise, mais ce geste aurait certainement été mal pris. Elle aimait charmer oui, mais elle n’allait tout de même pas se mettre la police à dos. Elle se tenait debout devant lui, observant ses moindres gestes, caressant son corps de son regard envoûtant lorsque la question de l’enquêteur lui fit arquer légèrement le sourcil gauche en effaçant un peu son sourire. Ah voilà… Il fallait bien une question fâcheuse.

Elle détourna le regard en direction d’une petite table dans l’angle de la pièce pour dissimuler son petit mal aise. D‘accord, là, c‘était à son tour d‘être déstabilisée.
Il y avait là un plateau d’argent avec deux verres et une bouteille de vin. Les clients appréciaient toujours de boire quelque chose avant ou après l’acte. Tout comme les cigarettes, elle en avait toujours dans sa chambre. Elle ne répondit pas immédiatement à l’enquêteur et se dirigea vers la table.

- Puis-je vous offrir un verre de vin Inspecteur ? Pas très astucieux comme moyen de changer de sujet, mais cela lui donnerait un peu de temps pour réfléchir aux mots qu’elle allait bien pouvoir employer pour parler de la Lassourin. Mais pourquoi lui posait-il cette question ? De toute évidence, l’une des filles avait parlé de cette femme qu’elle faisait venir ici. Comment aurait-il pu le savoir autrement ? Mélusine ne voulait pas que les bruits courts la ville sur le fait qu’elle faisait venir cette personne dans sa maison. Cela ferait une très mauvaise publicité et les clients prendraient la fuite immédiatement. Oui, Katty et Sarah allaient être sévèrement réprimandé pour avoir parler de tout ceci.

D’autre part, donner le nom et l’adresse de la Lassourin à un policier, c’était le meilleur moyen de se la mettre à dos et qu’elle ne revienne plus l’aider. Mélusine avait confiance aux dons qu’avait Amélia, mais il n’empêchait pas qu’elle se méfiait un peu de cette femme. Elle ne l’aurait jamais appelé sorcière, mais plutôt bienfaitrice, son travail était propre et efficace tout autant que discret. Et c’était tout ce qu’elle demandait. Elle ouvrit la bouteille de vin et commença à verser son contenu dans un des deux verres sans attendre la réponse de l’homme.
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Richard Welton
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Dim 23 Mai 2010 - 10:45

Si Mélusine avait insisté, il l'aurait simplement remise à sa place sans plus. Ce n'était pas pour quelques charmes qu'il la mettrait au trou. Quand même, il n'était pas si intransigeant que cela. Ce n'était pas une réelle obstruction à son enquête. En tous les cas, Richard ne manquait pas de sentir le regard de cette femme sur lui. Elle tentait d'éveillé en lui ses plus bas instincts de mâle et pas de doute que si ça continuait dans ce sens, elle finirait bien par y arriver. Heureusement pour lui, le fait qu'il pose sa question, échangea les rôles et même si la dame tenta de le cacher, il comprit bien rapidement que c'était lui qui venait de la mettre légèrement mal à l'aise. De quoi faire revenir au triple galop tous ses instincts de flic et balayait en un claquement de doigts, les idées déplacées qu'il aurait pu avoir avec cette femme. Quoi que... rien de mieux que des confessions sur l'oreiller, non?

Olha, olha, il n'était pas temps de s'égarer et Welton reprit les rênes de son entretien sans trop de difficulté, merci à Duval de tenter un changement de discussion, presque bienvenu. En tous les cas, pour lui. Elle ne voulait donc pas lui répondre? Avait-elle quelque chose à cacher de plus, qu'une simple affaire avec une "tueuse d'enfants"? Oui c'était un peu fort comme terme, son frère lui avait bien expliqué que jusqu'à un certain point, ce n'était pas encore ce que l'on pouvait cataloguer comme étant une entité humaine à part entière. Pourtant, pas de doute que si cette information se propageait un peu trop, la pauvre femme risquait un lynchage sur la place publique dans les règles de l'art. La populace n'aimait pas ce qui lui faisait peur ou ce qu'elle trouvait contraire aux lois divines établies et empêcher la vie, en était une. Lui, pouvait comprendre qu'une pauvre fille de joie ne souhaitait pas se retrouvera avec un morveux sur les bras, la vie était bien assez difficile comme cela.

La proposition du vin fût accueillie avec un sourire conquis, oh oui, il en voulait volontiers! Ca ne valait pas le whisky, mais c'était toujours un peu d'alcool dans le sang et ça ne pouvait que lui faire le plus grand bien. La tête fit un petit signe positif à l'offre de la boisson. Il ne put s'empêcher une petite pensée pour Judith... sa boisson préférée, à n'en pas douter. Et après, elle osait encore venir lui faire part de ses inquiétudes pour sa dépendance au whisky...

- Avec plaisir, madame. En service, oui, ça n'empêchait pas ce genre de plaisir. Automatiquement, ses mains allèrent chercher le porte cigare, il appréciait de mélanger les deux et c'est en sortant le boitier métallique, qu'il lâcha à haute voix. Ca ne vous dérange pas si je fume? Autant demander la permission quand même! Le Grand ne souhaitait pas non plus s'imposer ainsi, il fallait laisser à la patronne de l'établissement, l'illusion qu'elle était encore maîtresse chez elle.

Ce n'était pas pour autant qu'il en avait oublié sa question. Loin de là même. Il laissait juste son interlocutrice s'occuper de remplir les verres, avant de la remercier quand elle lui tendit le sien et la laissa s'installer face à lui, enfin, si elle souhaitait s'asseoir, bien entendu. Sans jamais la quitter du regard, tentant, rien qu'en l'observant, à lire en elle. Il regrettait parfois de ne pouvoir avoir le pouvoir de lire dans les pensées. Un moyen qui aurait pu grandement faciliter sa tâche dans bien des domaines.

- Dois-je vous reposez ma question, Madame Duval? Un tenace, oui, de toute façon, il ne partirait pas sans avoir sa réponse. Ne croyez pas que je vais aller crier sur tous les toits que vous demandez un peu d'aide parfois à une femme pareille. Ce n'est pas mon genre et cela ne m'apporterais rien de salir la réputation de votre établissement. Mis à part quelques ennuis. Fit-il doucement, pour la mettre en confiance. Elle devait savoir qu'il y avait bien trop de nobles et autres protégés de la Cour qui venaient entre ses murs, pour que l'inspecteur se permette de lui faire du tord. A moins qu'elle ait réellement quelque chose à voir avec le meurtre de De Voisin.

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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Dim 23 Mai 2010 - 14:10


Le dos tourné dans le coin de la pièce, Mélusine versa donc le vin dans les deux verres. C’était un bon vin, elle prenait toujours le même car il avait ce petit goût fruité qui généralement plaisait. Ce n’était pas non plus l’un des plus cher mais il mettait dans de bonnes conditions les clients. Du vin, de l’opium, des femmes… Elle offrait le nécessaire pour qu’ils passent un bon moment et surtout qu’ils aient envie de revenir.


Mélusine reboucha la bouteille en hochant de la tête à l’enquêteur tout en lui indiquant le cendrier sur le guéridon. Elle prit les deux verres et se retourna, approchant de la méridienne. Elle lui offra le verre de la main gauche en se penchant derrière lui, bien assez prêt pour qu’il puisse voir son décolleté pigeonnant et qu’il hume son parfum, histoire de ne pas lui faire oublier où il se trouvait. Une idée lui traversa son esprit à ce moment là. Et si elle lui renversait malencontreusement le vin sur sa belle chemise ? Il faudrait l’ôter sans doute. Elle pourrait enfin voir son torse nu et peut être que les envies prendraient le dessus. Hum… Après une pareil question, cela se serait sans doute vu que c’était fait exprès. Non, elle allait bien se comporter c’est pour cela qu’elle lui tendit tout simplement le verre mais d’une façon sensuelle en montrant ses atouts majeurs.


Elle prit place sur une chaise en face de l’inspecteur, son verre de vin à la main, en pénétrant son regard et portant le verre à ses lèvres. Il ne voulait pas lâcher le morceau pour la Lassourin et elle n’était pas du genre à balancer les informations qu’elle tenait sur la soit disant sorcière. Elle savait où se trouvait sa maison, bien que ce n’était pas à cet endroit qu’elle se rendait pour la trouver. Mais là, elle était un peu prise au piège. Soit elle donnait son nom, et la femme le saurait tôt ou tard en lui faisant regretter ce geste si c‘était pour une affaire délicate, soit elle se taisait, et ce serait elle qui aurait des soucis avec la police. Mais pourquoi cet enquêteur voulait avoir son nom et son adresse ? Qu’avait-elle bien pu faire pour que la police la cherche ?


- Pourrais-je savoir pourquoi vous recherchez cette femme, Inspecteur ? Autant lui demander après tout. Votre femme serait-elle dans une fâcheuse situation pour que vous recouriez au service de l’avortement ? Et ça, c’était simplement pour la curiosité. C’est un peu comme cela qu’elle arrivait à savoir la vie des clients. Poser des questions, toujours en tournant autour du pot subtilement. Ils finissaient par dire « non je n’ai pas de femme » ou bien « ma femme m’attend à la maison », et là elle savait tout de suite si l’homme venait simplement en ces lieux pour le plaisir ou pour l‘oublie. Ou les deux des fois.


Elle se mettait à imaginer toutes ces femmes trompées, qui voudraient sans aucun doute tuer leur mari si elles savaient où ils venaient le soir, prétextant sans doute le travail tardif. Cela la faisait plutôt sourire. Ouvrir un tel établissement était une sorte de vengeance intérieure sur son passé, donner du plaisir, sans aucun amour, se venger des hommes, se venger des femmes, et surtout jouir de tout ceci avec un enjeu financier. Car la liberté et l’argent, c’était bien les deux choses dont elle se souciait le plus.


Elle regarda l’inspecteur attendant sa réponse en croisant les jambes, bien que ce soit lui qui pose les questions, elle avait le droit de savoir pourquoi il cherchait cette femme et ce qui l’avait mené à cette piste ici même.

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Richard Welton
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Dim 23 Mai 2010 - 15:11

Richard était certes du type méfiant, il faisait pourtant confiance à la dame pour qu'elle ne l'empoisonne pas directement. Ca serait bien bête de sa part, c'était une certitude. Et puis, ce n'était pas en se montrant non confiant, qu'il pourrait en tirer quelque chose. De toutes les façons, elle arrivait parfaitement à lui faire perdre sa méfiance, user de ses atouts ainsi marchait à merveille. Oui comme dit, notre inspecteur était un homme comme un autre, jamais insensible aux charmes des belles femmes. Certes, la seule qui pouvait réellement lui faire un effet fou était son ex, mais pas sûre qu'elle apprécie qu'il pense à elle dans un endroit pareil... quoique.

Remerciant la dame d'un signe significatif, il porta le cigare à ses lèvres, pour l'allumer en un tour de main. Dénotant une certaine habitude de la chose, fallait bien avouer qu'un autre de ses vices se concentrait dans ces bâtons de nicotine.

Toute son attention était, quand même, pour l'instant centrée sur son interlocutrice, qui lui faisait apercevoir quelques monts agréables, il se força pourtant à ne pas trop se focaliser sur ce décolleté, pour garder encore un temps soin peu les idées claires. Le parfum lourd et ambré de la femme emplissait ses narines, mais il profita d'avoir le verre de vin en main pour s'écarter et échapper à la présence, quasi écrasante de la gérante. Non décidément, elle savait parfaitement faire son travail, il n'en doutait pas.

La fumée s'engouffra plus rapidement dans ses poumons, lui permettant de faire disparaître l'odeur de ce parfum, assurément fait pour envouter les hommes. Ses lèvres goutèrent au vin. Un bon vin, fruité, frais, ça ne manqua pas de lui faire du bien. De le rafraîchir. Oui ça pouvait paraître étrange, venant d'une boisson alcoolisé, mais c'était toujours meilleur qu'un verre de flotte.

- Excellent votre vin.

Et cette Duval semblait réellement réticente à lui dire quoi que ce soit sur cette fameuse "sorcière." Le flic fût néanmoins surpris de la question qu'elle lui posa alors... sa femme... enceinte à nouveau.

- Sans vouloir vous offenser. C'est à moi de poser les questions, Madame. Je suis sur une enquête, comme vous le savez, d'où ma présence en ces lieux. Et tout entrave à mon travail, vous vaudrai de sérieux problèmes. Chose que vous voulez éviter, j'imagine. Tirant à nouveau longuement sur son cigare, si elle trouvait que c'était un connard de parler ainsi, qu'importe. Son boulot avant tout. Alors... m'aiderez-vous de votre plein gré, ou dois-je commencer à sérieusement utiliser une manière beaucoup moins amicale, Madame?

Welton ne répondait en rien à ses questions, mais il n'avait pas à le faire et il ne s'étendrait assurément pas sur sa propre vie privée. Il ne le faisait jamais, même.

- Elle pourrait s'avérer être un témoin fort important pour mon enquête, mais pour cela, il me faudrait pouvoir échanger quelque peu avec elle.

L'enquêteur lâchait un peu de leste, en espérant que son interlocutrice se contente de ce bout d'os qu'il lui donnait. Il n'irait pas dans les détails de l'affaire, même s'il allait encore lui poser quelques questions sur De Voisin. Puisque ce monsieur aimait venir entre ces murs pour ses petites affaires, il pouvait parier que la dame devait sûrement savoir deux ou trois points intéressants. Notamment, le nom, ou en tous les cas, les visages de ceux qu'il rejoignait pour ses parties de "cartes". Mais tout cela viendrait après qu'il ait obtenu cette foutue adresse!

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Mélusine Duval
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Dim 23 Mai 2010 - 16:53


La réponse de l’enquêteur avait légèrement froissé Mélusine. Il faisait certes son travail, mais elle lui avait tout de même permis de questionner ses filles. Elle se leva et alla poser son verre sur le guéridon, en prenant une cigarette dans le petit étui s’y trouvant et l’allumant. Elle tira une bouffée et souffla la fumée en regardant le ciel que l’on pouvait voir de sa fenêtre.

- Monsieur… Elle marqua une courte pause ne connaissant toujours pas le nom de son interlocuteur. Comprenez bien que je répondrais à vos questions pour que vous puissiez avancer dans votre enquête, néanmoins sachez que de parler des affaires secrètes qui ont lieu dans cette maison m’est plutôt délicat. Elle tira à nouveau sur sa cigarette. Cette femme vient simplement ici pour faire ce que je lui demande. Rien de plus. Si l’une de mes filles tombe enceinte d’un client, je suis dans l’obligation de faire disparaître tout cela. Imaginez un seul instant un enfant dans cet endroit, ce n’est pas sa place. De plus, un enfant d’un de mes clients avec une fille de joie, ne croyez-vous pas que je risque la fermeture définitive de mon établissement ?

Elle se retourna un peu irrité en fixant l’homme d’un regard perçant. Katty et Sarah allaient avoir le droit à rester un peu dans les rues dans les prochains jours, nul doute qu’elle leur ferait payer le fait qu’elles aient mentionné la présence de la Lassourin dans la maison et la mettre maintenant dans un position très embarrassante face à l’enquêteur. Son lupanar, c’est tout ce qui lui restait à présent, elle ne pouvait pas faire autre chose, elle n’avait pas assez d’étude et ne souhaitait pas retomber dans la misère après qu’elle ait bâti un tel empire de la luxure. Elle avait besoin d’Amélia pour effacer les erreurs de ses petites. Qui d’autre pouvait faire ce travail en ville ? Bien sûr elle avait acheté un mélange d’herbes destinés à tuer le fœtus que vendait la Lassourin au cas où cette situation revenait et qu’elle ne pouvait pas la trouver au lieu habituel, mais elle n’en aurait certainement pas assez pour tenir encore des années et cela ne garantissait en rien un infanticide efficace si jamais on attendait trop longtemps.

La situation prenait une toute autre tournure. Mais Mélusine ne voulait pas perdre le contrôle. Elle tira nonchalamment sur sa cigarette. Elle devait lui donner un nom où sinon il ne la lâcherait pas. De plus, maintenant il savait que cette femme venait ici. Elle ne pouvait pas reculer.
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Richard Welton
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MessageSujet: Re: [Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard) Dim 23 Mai 2010 - 18:29

Pas que Richard avait l'impression qu'ils entraient tout deux dans une discussion de sourd, mais c'était bien l'impression que cet échange commençait à donner. Ne comprenait-elle pas que c'était dans son intérêt, à elle, qu'elle lui crache ce nom. Afin qu'il lui foute la paix? Et que de toutes les façons, il n'irait pas la bouche en cœur vers cette autre femme, pour lui balancer celle qui l'avait fait connaître? Voyons, notre enquêteur était quand même un peu plus subtil que cela. Certes, beaucoup des hommes qui travaillaient avec lui ne l’étaient pas, mais il n'était pas l'un d'entre eux, bien loin de là même. Il souffla la fumée qu'il venait de prendre par les narines, montrant un léger énervement le prendre, alors qu'il écoutait d'une oreille ce que la femme lui donnait comme excuse pour mettre autant de temps à lui donner une réponse.

- Welton... lâcha-t-il alors qu'elle semblait chercher son nom. Il lui semblait l'avoir donné lorsqu'il était arrivé à la maison close, quand il lui avait demandé de voir les filles impliquées dans une drôle d'histoire de vol de brosse à cheveux. Petit crime qui, au final, n'avait absolument rien à voir avec celui sur lequel il enquêtait. Mais qui lui permettrait peut-être de ferrer un plus gros poisson. Il fallait être patient dans ce métier. Chose qu'il perdait parfois, quand ses interlocuteurs commençaient à lui tomber un peu trop sur les nerfs.

D'ailleurs, cette histoire allait finir par le fatiguer, et sérieusement! Il termina son verre d'une traite, le posant ensuite sur le guéridon, regardant la femme face à lui d'un regard implacable. Faisant parfaitement concurrence à l'air irrité qu'elle affichait, à l'instant. Si elle pensait le faire fuir avec cet air ou le faire changer d'avis, elle se trompait grandement, il en fallait plus pour que Welton se sente menacer.

- Je comprends parfaitement tout ce que vous m'avancez là, madame. Et je ne juge pas vos prises de position, honnêtement, je m'en moque même pas mal. Tout ce qui m'importe, c'est d'avoir le nom de cette dame. Voilà tout. Je n'irais pas lui dire que c'est vous qui m'avez fourni l'adresse et au pire des cas, je dirais que vous l'avez fait sous la contrainte. De toutes les façons, ce n'est assurément pas pour ses avortements illégaux que je m'intéresse à son cas. Si un jour, Sa Majesté ou l'Eglise décide d'y fourrer son nez, nous en reparlerons, pour l'instant, c'est une toute autre affaire qui m'amène et j'aimerais vraiment que nous nous entendions, vous et moi. Ce n'est ni dans vos intérêts, ni dans les miens, que l'on se sépare en de mauvais termes. Comprenez-vous cela? Je ne suis pas, encore, votre ennemi, alors réfléchissez-y avant de continuer sur votre lancée...


Soupirant légèrement, tout en tentant de chercher ses mots, à force de se montrer aussi direct, il allait finir par la braquer complètement et ce n'était pas l'effet recherché à l'instant. Il se frotta les yeux du pouce et de l'index, avant de porter à nouveau le cigare à ses lèvres pour tirer une longue bouffée de fumée, calmant un peu son attitude, reprenant un masque un peu plus neutre.

- Si pour vous rendre plus bavarde, il me faut avancer quelques écus et bien... dites-moi votre prix et j'aviserai.


Sa main s'était, cette fois-ci, glissée dans la poche interne de son manteau, s'il fallait payer pour avoir des informations et bien il payera. Parfois, le fait d'ouvrir les bourses, permettait d'ouvrir plus facilement les confidences. Il n'était jamais contre donner quelques sous contre des indications, c'était ainsi que ça marchait dans les bas-fonds, alors peut-être que Mélusine Duval serait aussi attirée par le tintement de l'or, qui sait.

- Vos secrets ne m'intéresse pas, sachez-le... pas ce qui ne touche pas à ce que je suis venu chercher.

Qu’elle comprenne bien que le Grand n’avait que quelques points précis à éclairer et qu’au demeurant, ses affaires internes n’avaient absolument aucunes saveurs pour lui.

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[Terminé] Le mystère de la chambre rouge... (Richard)

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