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Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé)

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Amélia de Lascelle
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MessageSujet: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Sam 12 Juin 2010 - 9:13

{ Une dizaine de jour après le Bal ]

Personne ne dit un mot dans le petit manoir. Malgré tout le ressentit qu’on eu pour madame on respecte les morts. Un silence, avant les vibrations d’un requiem individuel. La plupart des esclaves d’aujourd’hui n’ont pas connu les deux héros. Il n’y a guère plus, qu’un tableau familial dans la bibliothèque, pour leur souvenir. Le père et le fils, les soldats du Roi Choiseul, tués en héros. Des êtres que la dernière née n’a pas connus non plus. Amélia ne s’occupe de leur mémoire qu’une fois l’an. Un choix que beaucoup interprète comme de l’indifférence. Qu’ils pensent donc cela. Passer pour une cruelle lui convient. La paix. Une paix insoluble facile à feindre.
Pourtant la marquise pleure. On l’a même vue, aperçu est plus juste. Entendue. A chaque visite du médecin. Quand il faut que la lavandière se débarrasse d’une parure souillée. A chaque fois, les murs tremblent de protestation. On la voit atteinte, vulnérable, et sans flamme. Il faut éloigner le petit corps chétif du regard acier. Le père déçu quitte toujours la maison. Patricia n’a encore jamais vu de nourrisson sans vie. Elle espère ne jamais en voir. Depuis presque quatre mois les époux font chambre à part. Il y a beaucoup trop d’échec entre eux. Leur résolution s’épuise avec le temps. Elle ne veut plus vivre la mort. Il ne veut plus subir sa souffrance muette.
*Arrête. Un temps pour chaque… chose.*
En vérité tout le monde se demande. Pourquoi ? Pourquoi s’infliger tout cela… si ce n’est par cupidité. La servante dépose délicatement le chapeau sur la coiffure de geai. Ses traits sont si neutres qu’ils inquiètent. Amélia replace une anglaise disgracieuse. Il est sur le seuil de la chambre. Il l’observe. Si belle dans son indifférence factice. Le soleil entre enfin dans la pièce. Un éclair matinal sur le reflet d’une âme. La chaleur du rayon fait briller sa silhouette d’endeuillée. Même là il voit de l’érotisme. Elle est prête. Personne ne l’accompagne. Pas même Lucile d’York la belle sœur. C’est sa famille, uniquement la sienne. Enterrés avec les autres braves de la bataille. Loin de leurs terres mais proches de leur monarque.
Ils sont presque tous là. David, Pauline, Victoire… où-est Jaques ? C’est le frère qui vient jusqu’à elle. Il est beau. Beau et deux fois divorcé. Ses mêmes yeux bleus la détaillent en silence. Sa préférée. Il lui prend le bras. Sans son accord comme toujours il là vol. Elle dépose un baisé sur sa joue d’homme. L’air est un peu lourd. Ambrosia se met en marche. Le cimetière est désert. Les Clark réunis en centre ville. Il n’y avait guère que leur père qui put les y contraindre. La plus ancienne évite la plus jeune. Les chainons brisés par des existences trop différentes. Une histoire de famille comme on en conte tant. Pauline n’a jamais approuvé ses choix.
*Je n’aime même jamais songer à prendre ta place.*
Le rituel est rapide. Plus que la coutume ne l’attend des survivants. Le mal aise les rend impolis. La nature qui se lève égaye maladroitement ce drame collectif. La mère n’est pas là pour les rudoyer. Il n’y a pas d’autres témoins que les tombes alentours. Ils ne parlent de presque rien. Jacques du bal. Où il aurait voulu venir. David de sa fille qui voudrait faire de la calligraphie avec sa tante Amélia. Des sujets qui ne la retiennent pas. Ils sont si loin de son esprit. Son regard enrobe les deux noms gravés dans la pierre. Serait-ce possible qu’elle connaisse autre chose que… ça, cela ? Ou bien est-elle tout simplement damnée pour son orgueil de femme ? Gorges l’a persiflé lors d’une de leurs mésententes. Une vipère. Pourtant chacun ici à connu l’enfant louve. La petite sauvage au cœur fidèle. Quelqu’un d’autre à présent. Dommage…
Ne pleurons pas pour les vivants ce matin. Amélia avait encore bien des feux à consumer. Les salons en témoignent. Elle n’est pas l’avatar de la morne malheureuse. Bien au contraire, l’injustice la rend puissante. Ils le savent tous. La cérémonie silencieuse s’achève sur des promesses de convenance. Un diner, un séjour là bas… tout ce qui peut entretenir leur lien de sang. Victoire est la dernière à rester. Elle veut savoir où en sont les traitements, pour… Rien. Toujours rien. La marquise ne se retourne pas. Jamais vers l’arrière : elle n’est pas de ce genre. Il y a un banc à quelques mètres. Il est en-dessous d’un arbre vert et fort. Ses pas l’y mènent sans raison valable. Vue sur l’allée de disparus. Une contemplation presque poétique sous le chant des rossignols. Les méditations dérivent au rythme de ses battements.
*L'empoisonné a-t-il trouvé caveau ?*


Dernière édition par Amélia d'York le Lun 2 Aoû 2010 - 10:55, édité 1 fois
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Zenon de Lascelle
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MessageSujet: Re: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Sam 12 Juin 2010 - 22:58

<< Après le bal, donc.

Quoi de mieux qu'un cimetière? Calme, serein. Personne pour venir vous tenir la jambe, pour jouer les hypocrites ou les langues de bois... la mort n’avait cela d'intérêt, quand on devenait oppressé par la Cour. Rien de mieux que de venir s'aérer l'esprit. C'était tout à fait ironique de sa part, alors qu'il côtoyait les morts depuis bien longtemps, qu'il en semait pas mal aussi, de corps sans vie aux quatre coins d'Ambrosia et il pouvait se féliciter d'avoir prit de plus en plus le coup. Toujours introuvable, il allait bientôt finir par se prendre pour Dieu en personne. Image forte certes, mais quand on pouvait jouer avec ses victimes, s'en débarrasser sans être inquiété, il y avait de quoi prendre la grosse tête! Mais il tentait pourtant de garder les pieds sur terre, de rester prudent. Il le savait, s'il prenait trop d'assurance, il ne ferait plus attention et les chiens de sa majesté lui tomberaient sur le poil. Mettant fin à sa carrière de criminel. Ce qu'il souhaitait éviter par-dessus tout!

Aller savoir ce qui avait poussé le Comte à venir au cimetière ce jour-là. Une envie de voir le malheur des autres, les familles en deuil. Un bon moyen de trouver des femmes esseulées, au besoin de chaleur et de contact humain. D'une épaule sur laquelle pleurer, d'une solitude à effacer pour un soir. Il était un chevalier servant, au service de ces dames. Profiteur aussi, bien entendu, mais le plaisir était ainsi et Zenon avait toujours eu à cœur de le prendre là où il pouvait le trouver. Qu'importe la démarche et la morale utilisée, tant que les deux partis repartaient heureux... ou en tout cas, son parti à lui. En bon égoïste, il pensait toujours à ses intérêts en premier, les autres ne faisaient que passer au second plan, pour son plaisir personnel.

Les ennuis du bal lui semblaient déjà un lointain souvenir, les empoisonnements ne le touchaient plus, il passait outre sans trop de problème. Et à croire que la providence était encore et toujours de son côté. Car un peu plus loin, un petit attroupement qui se séparait, une silhouette lui tapa dans l'oeil. Le clan Clark, au complet. Il les connaissait, pour les avoir côtoyés, ou en tous les cas, les deux plus jeune, Amélia et Jacques. Un bon petit ce Jacques, enfin plus si petit que cela maintenant, mais un pion parfait- se croyant être son ami - pour avoir approché celle qui l'avait toujours réellement intéressé, la soeur. Un travail de longue haleine, une apprivoisions de 8 ans, qui avait finalement porté ses fruits. Car le premier combat avait été consommé et avec quelle ferveur! De Lascelle en frissonnait encore quand il y pensait, cette femme était une lionne.

Une chance donc de les croiser ici, chance qu'il n'allait pas laissé passer. A voir les habillements, la famille semblait en deuil, heureusement qu'il avait opter pour des habits de couleur sombre, ca lui permettrait de se fondre un peu dans la masse. Le tout se brisait déjà, ils se disaient chacun au revoir et repartait à leurs petites vies, sans doute, tristes et mornes. La cadette de la famille s'éloigna bien rapidement, solitaire, pour s'asseoir sur un banc. Il fallait qu'il l'approche, il voulait attaquer.

D'un pas tranquille, il arriva dans sa direction, sur son côté gauche et comme si de rien n'était, s'installa sur le dit banc, le plus sur le bord possible, leur laissant une marge. Le but étant de commencer à créer un certain besoin, une certaine envie de l'autre. Le jeu du chat et de la souris qui marchait si bien entre. Et puis, mieux valait ne pas affoler les regards curieux qui pouvaient se poser sur eux et qui connaissaient les deux partis en présence. Un peu de décence que Diable!

-Je me sentirais bien coupable, si j'apprenais par hasard que vous ayez perdu un parent sans que personne ne m'en avertisse, Dame D'York.
Fit-il en guise de début de conversation, tournant sa tête vers elle, croisant les jambes, l'un de ses bras s'étalant sur le dossier. Un fin sourire aux lèvres, comme un soutient au malheur qu'elle pouvait traverser. Entre eux... ça avait toujours été comme cela.


Dernière édition par Zenon De Lascelle le Lun 20 Sep 2010 - 11:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Lun 14 Juin 2010 - 1:32

Sait-il, qu’il est reconnaissable ? Son odeur l’a trahit avant même qu’il ne s’assoit. Il y a toujours sur lui cet arôme de nuit et de fer. Une fragrance étrange –inhabituelle-, qui vous surprend et vous accroche. Une odeur peut faire réagir l’âme. La trace de sa double vie aussi. Amélia est une femme charnelle. On la croit prude. C’est, parce qu’à l’averse des pratiques, elle retient ses envies. Parce que dans son intransigeance : elle dit « non ». Ce « non » est une affaire d’orgueil et de pouvoir. Une Clark ne se laisse point manipuler par les sens. Une faiblesse. L’honnête envers elle-même l’oblige à reconnaître certaines choses. Le parfum elle l’aima, dés qu’elle le sentit, à leur première rencontre. Celui que toutes ses amantes ignorent ou apprécie un peu trop tard pour s’en souvenir. L’éventreur est avant tout le pire des Don Juan.
*Pire que Satan.*
Il est entré dans sa vie depuis… quelques temps déjà. La désinvolture d’un noble cultiva la hargne d’une jeune paysanne. Il connu son cadet en premier. Comment pourquoi, le hasard. Jacques qui admire, chaque fois, cette liberté exacerbée. Il l’apprécie. Elle, Amélia, se faisait alors à ses nouvelles fonctions d’épouse. Ils passaient leur temps dans les salons ambrosiens. A vingt et un an le monde vous appartient. Elle avait la langue vive et le rire moqueur. Gorges avait trop souvent rougi de ses opinions. La verve féminine avait brusqué bien des esprits.
*A commencé par le tiens.*
Et lui. Lui, elle l’avait provoqué à chaque table. Ce comte et sa superbe exécrable. Un défi. Un défi à leur mesure. Devenant deux satellites, s’entrechoquant, à chaque rencontre. Ils sont assez doués. Le jeu et devenu de plus en plus complexe. Les enjeux de plus en plus excitants. Le temps ne l’a pas adoucie. Bien au contraire. La peau de verre s’est durcie autour d’un cœur distant. Hautaine. Pour évoluer dans les strates de la Cour elle a trouvé des alliés. Des lions aux crocs coupants. Quelques acolytes de la franchise et de la critique. Acerbe oui, mais jamais sans raison. Seulement lorsque la société le mérite. Souvent. Dans une optique humaniste d’ailleurs. Le vice aux portes de la cité.
*Désir idéaliste.*
Le vice avait rampé jusque sur le champ de bataille voilà presque dix-huit ans. La fourberie d’une armée avait détruit un foyer. Amélia n’avait eu le droit qu’au récit. Ces décès avaient malencontreusement emprisonné son enfance. Elle avait évolué avec un sens aigue de la justice et de la vie. C’est sans aucun doute ce qui l’avait rendue combative. Forte. Plus forte que les autres ne l’auraient souhaité. Assez prémuni pour résister à tout Ambrosia. Là. Assise pour son hommage personnel. Les mains gantées posées contre ses cuisses. Les yeux dissimulés par le voile de résille noir. Digne portrait d’une femme imperturbable. Sa voix ne met qu’une seconde à répondre à sa tentative de conversation. Elle est calme, mesurée et parfaitement… désenchanteresse.
« Et qui aurait eu intérêt à vous en avertir ? Une telle information monsieur, ne devrait en rien, affecter votre existence. Puisque Jacques lui même était à peine né lorsque notre père a été tué. D’ailleurs me croyez-vous assez naïve, pour envisager que vous puissiez vous sentir coupable, de quoi que ce soit ? En particulier me concernant. »
Une dague extirpée avec l’efficacité d’une épéiste. Il veut jouer. Il veut jouer dans le lieu de la retraite des esprits. Parfait. Qu’il en assume les conséquences. Amélia n’oublie rien. En particulier ses propres erreurs. Cette homme en fût une. Une belle et abominable faute sur son chemin. Ce qui apporta une nouvelle règle à leur partie. L’éloigner. L’éloigner assez, pour ne plus –jamais- être tentée. Un exercice tout à fait dans ses cordes. Même si ce coureur de jupon est un peu plus tenace. Il se lasserait. Tôt ou tard il abandonnera la poursuite. Amélia est un être d’une patience d’or. Elle ne se ferait plus jamais avoir.
« Reste à savoir quel mort vous a amené ici… Un mari trop hargneux. Ou bien peut être une jeune femme trop possessive. »
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MessageSujet: Re: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Sam 19 Juin 2010 - 17:56

Comment devinez qu'elle l'avait senti arriver? S'il l'avait su, De Lascelle en aurait été flatté et ne pourrait s'empêcher de penser qu'il marquait des points. Si la dame reconnaissait son odeur, c'était, à ses yeux, une marque d'appartenance. Inconsciemment, elle devait déjà être un peu attaché à sa présence. C'était une évidence, pour certaine rencontre, en tous les cas. Après tout, ils adoraient se chauffer dans les repas, les piquent, les remarques cassantes fusaient en tout sens entre eux. Ils n'avaient pas les mêmes opinions et le faisait bien voir. Sans pour autant l'imposer à l'autre, c'eut été bien difficile. Deux têtes de mules en puissance. Mais le choc des idées leur convenait parfaitement, pourquoi changer les bonnes habitudes? C'était bien ce qui avait plu au Comte la première fois qu'il l'avait rencontrée, son esprit vif et affuté. Des idées posées et un désir de ne pas se laisser faire. Une force de caractère rarement aussi présente chez les femmes de son âge et de son éducation. Il n'oubliait pas qu'elle était fille de cultivateur. Elle lui plaisait pourtant, c'était plus fort que lui.

Et aujourd'hui, assis chacun sur ce banc, elle continuait à hanter ses pensées. Habillée ainsi, elle était tout simplement magnifique tout en noir vêtue. Ils s'accordaient parfaitement tous les deux. Lui aussi avait opté pour le noir et vu le temps plutôt pourri des derniers jours, il avait sur les épaules, un long manteau noir, qui cachait le reste de son costume. Ses yeux observaient la moindre imperfection du profil de la marquise à ses côtés. Il ne se lassait jamais d'admirer une femme, encore moins une femme qu'il appréciait. Se remémorant quelques souvenirs agréables en sa compagnie. Elle pouvait bien tenter de l'éloigner au mieux, il reviendrait toujours, n'était-ce que pour avoir droit, une nouvelle fois, à un déchaînement de passion.

Sa voix froide et imperturbable se fit enfin entendre, lui envoyant encore et toujours des paroles amers. Que le Comte prenait presque avec le sourire. Ce n'était pas ainsi qu'elle risquait de le pousser dans ses retranchements. Non, ce genre de paroles avait tendance à le faire redoubler d'effort, dans son approche avec elle. Ainsi donc, elle n'était dans ce cimetière que pour une simple commémoration aux morts. Parfait, c'était mieux ainsi.... ou pas. Il aurait pu jouer les chevaliers servants en lui proposant sa compagnie en guise de consolation, ça aurait pu être... intéressant. Tant pis, l'important était bien de l'avoir croisée.

- Votre frère peut-être. Si vous aviez perdu un être proche, mais je suis rassuré de savoir que vous n'êtes ici que pour vous souvenir et non pas enterrer à nouveau.
Ses doigts frottèrent légèrement contre le bois du banc. Pourquoi ne pourrais-je pas m'en vouloir ne pas être là pour vous soutenir dans les drames qui vous touche, madame? Suis-je à ce point diabolique? Votre famille m'est sympathique, j'ai une grande affection pour votre frère, et vous. Vous le savez. Voilà pourquoi j'aurais été peiné de n'être averti d'un mort entre vos murs.

Quelque part, il était tout à fait honnête, Zenon avait réellement apprit à apprécier le petit dernier de la famille. Peut-être que l'admiration que le jeune homme lui apportait était aussi pour quelque chose, mais l'important était bien qu'il ne trouve pas sa compagnie gênante. Il appréciait, aussi, d'aller chez les Clark/York. De passer des soirées, des repas en leur compagnie. Déjà parce qu'il y avait Amélia et que sa présence était un plus à chaque fois, mais aussi parce qu'il avait finit par l'apprécier, le Jacques. Et puis, il s'amusait toujours du pauvre Gorges, si peu sur de son autorité sur sa femme.

- Aucun... tous peut-être. Fit-il avec un air amusé sur le visage, pour répondre à la question de la Lady. Un rire fin quitta ses lèvres quelques secondes, alors qu'elle lui rappelait avec un excellent sous-entendu, sa réputation de Don Juan. Rien de ce goût là, Madame. J'aime parfois le calme de ces endroits, les morts n'ont pas tendance à venir vous déranger contrairement aux vivants. Et puis, il n'y a pas d’endroit plus paisible qu'un cimetière.

Des goûts morbides? Absolument pas. C'était un fait avérer. Le calme et la sérénité d'un lieu pareil, n'était pas réellement trouvable ailleurs. Quoi de mieux pour s'échapper un instant de la vie incessante de la Cour.
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Amélia de Lascelle
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MessageSujet: Re: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Dim 27 Juin 2010 - 19:42

Le plus dure est toujours d’oublier ce que l’on veut garder. Amélia ne se souvient plus du visage de son père que grâce aux photographies. Le visage d’un homme aux traits puissants. Un patriarche comme seule la terre en crée encore. Ensuite, tout ce qui concerne son enfance est soigneusement rangé dans une malle de son esprit. Le genre de réceptacle fermé à double tours. Dont seules les troubles rares détiennent la clé. Compartimenter ses pensées pour mieux les contrôler. Un exercice tout à fait utile pour endurer… le présent. Non pas que son tempérament soit particulièrement pessimiste. Elle est même d’une joie sans mesure avec les bonnes personnes. Amélia a toujours voulu et voudra toujours, plus. Ainsi d’ennemi cordialement monsieur de Lascelle était devenu adversaire. Une proie de choix.
*Pour avoir profité des événements.*
Six mois. Six mois qu’il l’avait prise. Trouvez donc un autre mot pour définir cet incident. Oui un incident. Amélia n’a pas peur des mots. Elle ne se cherche jamais d’excuse. Pour cet égarement encore moins. En toute honnêteté. Elle savait que Gorges serait absent pour encore quelques jours. Elle savait qu’il ne pouvait ainsi pas lui reprocher d’aller à un diner sans lui. Aller à un diner chez ses amis, les Charpentiers. Où il serait invité évidement. Parce que Laure lui souhaitait du bien, toujours du bien… évidement. Entrer d’elle-même dans la gueule du loup. Au bout de sept… huit ans, elle pouvait s’y risquer. Les faits l’ont détrompée. La chaire l’avait déstabilisée sans crier garde.
*J’ai toujours un peu trop apprécié le champagne.*
Alors depuis son venin s’accompagne d’un timbre charnel, parfois. Sans rien oublier. Lui en voulant de l’avoir damnée. Elle la femme de valeur. Lui en voulant d’avoir allumé-en elle- un feu sans fin. La luxure dans tout ce qu’elle a de plus beaux et de plus avilissant. A cause de lui son rôle lui est de plus en plus compliqué. Puisqu’elle sait que d’autres pourraient la satisfaire mais pire sa chaire en a conscience.
« Pourtant nous savons tous les deux que vous aimer secourir les veuves éplorées. Ni lui ni elle n’est dupe de la nature de l’autre. Il a le plus beau palmarès qui soit. Combien de voisine de table ne lui souffla émoustillée son plaisir éphémère. Tant mieux. Une parmi tant d’autres. Parfait. "Oui vous l’êtes comme tout chasseur qui se respecte. Son cher petit frère est indirectement responsable de ses ennuis. Peut-on reprocher à un jeune homme d’être attiré par un loup pareil ? « Si c’est le cas courrez le rejoindre. Il voulait allez boire avec son frère. Il sera ravit. »
Elle le repousse sans la moindre hésitation. Ne pas voir cette main à quelques centimètres à peine. Il est devenu une faiblesse pour elle. Amélia n’est pas une habituée de la faiblesse. Inutile de se compliquer l’existence. Une relation avec lui est impossible. Ce n’est d’ailleurs pas ce qu’il cherche. Non. Seulement lui prouver qu’il à un certain pouvoir sur ses pensées. Sa détermination le vaincra. La Marquise en a décidé ainsi. Ainsi sera-t-il donc fait. Il fallait juste que Zenon ouvre les yeux.
*Tu cherche peut être la paix que tu m’as volé sans scrupule.*
Elle n’est pas d’accord avec lui évidement. Les morts sont parfois les plus bruyants. Les âmes qui vous hantent à vous en faire crever. Pas Michael, son grand frère, ne lui manque pas. Peu de monde saurait lui manquer de toute manière. Mais ces petits êtres. Ceux que Thanatos lui arrache à chaque fois. Elle se tut sur ce point. Il n’est point l’épaule dont elle a besoin. Si jamais il fut prouvé qu’Amélia Clark eu besoin de la moindre… consolation.
« J’imagine oui, que pour un infidèle, l’Eglise n’est pas asile. » Religion. Délicieusement mauvaise avec toute l’ironie d’une bigote. La croyance. Un sujet si… hypocrite dans cette contrée. Amélia avait été éduquée aux côtés des saintes écritures. Y avait-elle crut ? Probablement pas. Un esprit cartésien ne s’embarrasse pas de miracle. La vie ne se fait pas sur des miracles mais sur des choix. Si cet homme voulait le calme ou un lit, qu’il se tourne vers toutes ces perruches en mal de sensation. Jamais compatissante avec un être pareil. Encore moins généreuse
La brise matinale s’épare les pétales de l’arbre fruitier. Formant autour d’eux un délicat parfum. Stimulant l’odorat si propre aux rêveries spontanées. Les draps avaient eu l’odeur plus douce du lilas. Si Dieu existe il doit se gausser de sa brebis égarée. Et dans un mouvement de sauvegarde la dame quitta le banc. Jouer avec le feu oui. Mais avant de s’y brûler. Elle a d’autre chose à faire que de penser à lui. Comme… regagner cette maison qu’il leur a trouvée. Le diable est donc partout sur ses traces. Gracieuse dans son outrecuidance et un dernier mot pour qu'il se souvienne.
« Je dirais donc à Gorges que vous vous préoccupez de siens. »
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MessageSujet: Re: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Mar 29 Juin 2010 - 20:30

Pas besoin d'être réellement empathe pour sentir toute la tension qui prenait la marquise à l'approche du comte. Lui savait parfaitement qu'elle devait se battre contre l'envie qui la rongeait. Cette envie de revenir un peu dans ses bras, contre ce besoin d'être l'âme la plus noble et droite qui existait en Ambrosia. Mais cette ville était un nid de luxure dans toute sa splendeur. Tout le monde finissait par venir s'y brûler les ailes. Elle, comme tous les autres. Il ne fallait pas qu'elle s'en veuille ainsi, elle avait été une amante de feu et l'homme avait parfaitement compris que dans sa vie conjugale, ça devait être bien triste. Il lui avait juste montré que le sexe pouvait être autre chose qu'une obligation martiale et le démon savait qu'il avait fait mouche. Dommage qu'elle se braquait ainsi maintenant. Elle le fuyait, mais elle finirait à nouveau par tomber, il n'en doutait quasiment pas.

Le tout était de rester patient, charmeur, amical. Ne pas se laisser déstabiliser par sa froideur. Tout simple quoi. Les piques qu'elle lui lançait touchaient parfaitement juste, mais il ne s'était jamais caché de sa nature de Don Juan. Il aimait ça, il avait toujours aimé cela. Que les femmes au fond d'elles, espèrent le voir s'intéresser à elles, pour une nuit de plaisir. Pourquoi s'en priver? La vie était un fruit dans lequel lui mordait à pleine dent!

- Vous n'avez pas tord, belle dame. Et ce ne sont pas ces dames qui viendraient s'en plaindre, nous le savons tout deux aussi. Pourtant, cela ne m'empêche pas de vouloir rester votre ami. Ne le puis-je point? M'en voulez-vous tellement?

Il ne se démontait pas. Bien au contraire. Elle l'avait habitué à ce genre d'échange. La rhétorique n'était pas un art qu'il ne connaissait pas, bien au contraire, elle le savait parfaitement. Huit ans qu'ils se côtoyaient tout deux, ils se connaissaient sur le bout des doigts. Et c'était bien le cas de le dire, ses doigts à lui, se souvenait encore du grain de sa peau, de sa douceur, de ses formes si attirantes. Un vrai délice, quel gâchis, vraiment!

- La chasse est un sport comme un autre. Doit-on pourtant oublier l'entente que nous avons tous les deux? Vous savez pertinemment que je ferais tout pour vous rendre la vie la plus agréable possible.

Pourquoi ne croyait-elle pas qu'il serait capable de la prendre comme maîtresse attitrée? De ce qu'il avait pu goûter de leur étreinte, il en reprendrait bien volontiers! Chaque fois qu'elle le souhaiterais, sans aucun problème. Mais cette dame avec des principes ô combien important. Qu'il fallait tenir à tout prix! Triste pour elle, le noble s'évertuerait à détruire cette conviction, le mariage et ses serments n'étaient qu'apparat. De Lascelle avait beaucoup plus à lui apporter, il le savait.

- Je rejoindrais peut-être vos frères, un peu plus tard. Rien ne vaut un verre fraternel, sans étrangers.

Bien évidement, il ne parlait pas en connaissance de cause, mais il pouvait le deviner. D'York s'éloigna, pour ne pas risquer qu'il ne la touche, avait-elle tant peur qu'un simple contact face tomber toutes ses barrières? Intéressant, voilà qu'elle montrait ses faiblesses au comte, qui en les enregistrait une à une. La bataille serait longue et rude, mais il finirait par arriver à ses fins, comme toujours.

Infidèle, voilà un mot bien fort, pour ce qu'il faisait. Il mourrait d'envie de lui faire remarquer que contrairement à elle, lui, n'avait aucune obligation de ce côté là. Il resta pourtant silencieux, il ne fallait surtout pas la braquer, ou en tous les cas, le moins possible.

- Peut-être bien oui.

La mort était une amie de longue date, il l'appréciait, elle faisait un travail remarquable. Elle lui donnait une jouissance que peu de femmes pouvaient se permettre de prétendre avoir réussi avec lui. A ses pensées, la femme se leva comme un seul homme, furieuse? Peut-être, il suivit le mouvement, alors qu'elle voulait déjà prendre congé. Fuyarde, comme à son habitude. Lui rappelant leur nuit. Alors qu'ils venaient d'atteindre les sphères de l'ultime plaisir, sans apprécier complètement les derniers spasmes, elle avait quitté les draps et avait quittée sa chambre, sans rien lui dire d'autre que "stop".

- Toujours Ma Dame. D'ailleurs, laissez-moi marcher avec vous, vous raccompagner. Les rues sont peu sûres en ces jours sombres, il serait mal venu que l'on vous agresse. N'est-ce pas?

Ses filets se fermaient gentiment mais sûrement. Tout en délicatesse, avec classe, tel un gentleman.
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MessageSujet: Re: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Ven 2 Juil 2010 - 19:25

Non. Au début elle ne le regardait pas. Apparu au bras d’une demoiselle dont elle a oublié le nom. A diner et sans s’être annoncé comme un prince. Pas un regard avant qu’il n’eut osé la contredire. Lui. L’obligeant à réagir. Il y avait eu un silence dans la salle. L’air avait frissonné au levé des armes. Amélia la plus jeune épousée imposait ses règles sans avoir à hausser le ton. D’ordinaire… tout naturellement, on lui obéissait. Le caractère des Clark. De toute la fratrie elle seule aurait put être une Grande. Elle aurait dû. Mais si ce titre signifie : devenir l’esclave d’une Reine, alors non. Jamais.
On ne se vend pas pour du pouvoir. On le prend. On ne l’achète pas on l’obtient. Zenon en a donc sur elle. En quelque sorte il l’aide. En tant qu’archétype de cette noblesse ridicule. Il lui rappel pour quoi se concentrer. On ne grandit pas sous des draps mais dans un ciel.
Rester.
« Mais qui a dit que nous étions amis Comte ?» Un rire cueille la question suivante. C’est une provocation encore. « Autant que faire ce peut monsieur. »
Aimable, non jamais pas avec ce Casanova. Il ne le mérite pas. Chaque caresse avait ouvertes la porte aux fantasmes. La tiraillant entre devoir et liberté. Si elle avait été fille. Seule. Les choses seraient différentes. Elle l’aurait dévoré de toute son âme. Comme chaque homme attiré par son aura. Elle serait comme ces femmes de chaire et de plaisir. Pire qu’elles, car exigeante et possessive. Ses mains auraient illustré ses mots. Mais…
« Je ne dis pas le contraire. Oui oublions là. Bien sûr vous le feriez. Le temps de deux mois peut être. Je ne suis pas faite pour être un divertissement. »
La place d’objet ! Quelle idée absurde. Pour la première fois ses yeux le touche. L’attaque le morde violement. Elle ne lui offre aucun espoir. « Mais vous en êtes un Comte. Notre nuit n’était qu’un accident que vous avez provoqué. Rien ne vous fera entre chez les miens. »
La réplique la Marquise la sent effleurer son oreille. Qu’il le dise. Qu’il le dise ! Le forfait dont il est le coupable. La tentation dans laquelle il la repousse à chaque entrevue. Cette façon le faire fit de ses lois à elle. Avec le meilleur esprit qui soit bien sûr : la posséder. Une denrée de choix car une denrée difficile à obtenir. Alors si elle se laisse faire. Peut être de Lascelles ne la regarderai plus. Mais peut-on demander à une lionne de montrer patte blanche ?
*Tu en serais déçus.*
Furieuse. Il peut faire ce qu’il veut avec les autres. Elle s’en moque. Tant que cela n’interfère pas. Tant qu’il ne l’atteint pas. Il est libre. Le libre arbitre. La chose qu’il manque aux réactions de cette dame à cet instant. Telle la sacrifiée qui fuit les souterrains. Pourquoi vouloir la perdre ainsi ? Amélia part. Amélia avance sur la terre matinale et humide de l’allée. La pierre de son père est de l’autre côté. Il suffit de tourner la tête pour le voir veiller sur son premier fils. Son regard est loin devant déjà. La sœur les quitte dans un trouble muet.
Ses pas frôlent la terre lentement. La terre des disparus parsemée de fleurs. Elle continue avec une dignité idiote. Songeant que quelques jours plus tôt il avait voulu faire de même. Ce Bal des complots. Voilà qui la convint de ne plus s’intéresser à la Cour. Encore moins. Quitte à perdre un peu. Gorges avait voulu faire le preux chevalier. La fièvre était partie sans se préoccuper des volontés. Avait-elle cédée ? Les souvenirs fuyants comme elle. Mais la sensation demeurait. La chaleur malsaine distillée sur sa peau. L’impression que le corps se défend de lui-même. Une maladie curable dont les traces se déplacent.
Un frisson. De peur. Qu’allait-elle devenir ? Le poison n’avait pas réussie à l’assassiner. Si rien ne change. Sans enfant il n’y aurait pas d’avenir. A qui manquer, quand on repousse. Le labeur ne la sauverait pas de l’oublie. Une femme venue que personne ne retient ! Mortelle. C’est ce qu’Amélia avait construit.
« Personne n’aurait intérêt à cela. »
Elle passe sous l’arche de l’allée principale. Là encore une porte peut être ? Le soleil s’installe enfin. Sa silhouette est la rose noire que l’astre tente d’emprisonner. Un sourire. Un sourire froid et résigné. Telle l’âme qui connait l’avenir. Au fond elle sait. Elle sait très bien qu’Ambrosia ne la pleurait pas. Ses yeux bleus s’attardent sur une statue. Le premier roi de ce lieu. Sa voix porte s’adressant à lui comme à tout ce qui les entoure. Lucide si lucide.
« Votre désir de moi vous égard. Tout le monde s’arrangerait de mon trépas. Vous le premier. »


Dernière édition par Amélia d'York le Mer 14 Juil 2010 - 18:13, édité 1 fois
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Zenon de Lascelle
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MessageSujet: Re: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Sam 10 Juil 2010 - 23:16

Si Zenon n'était pas aussi habitué des paroles de cette marquise, il aurait pu s'en montrer offusqué. Choqué. Se faire déstabilisé comme un bleu. Mais ce n'était pas le cas, c'était même bien loin d'être le cas. Amélia, n'était pas la seule femme de ce royaume avec ce caractère de cochon. Cet esprit aussi bien affuté qu'un des couteaux qu'il utilisait sur la chaire des femmes qu'il découpait. Il était habitué aux joutes verbales. A accuser les coups sans partir au quart de tour, sans laisser son côté sanguin parler pour lui. A quoi bon s'énerver? C'était tout ce que cherchait la dame en noir. Non, le comte savait pertinemment que plus il se montrait insistant, paraissant intouchable, invulnérable à ses paroles, plus il la pousserait elle dans ses retranchements. C'était un "jeu" qu'ils avaient tout deux depuis qu'ils se connaissaient. Depuis ce premier repas chez les York, où la verve de la jeune épouse avait frappé de plein fouet De Lascelle, qui ne s'était pas laissé faire une seule seconde. L'homme souriait encore en y repensant, cette soirée avait été épique.

- Vous êtes mauvaise, Milady. Il me semblait que par nos rapports, nous pouvions nous considérez comme tel. En tous les cas, sachez que c'est bien ce que je suis pour vous, un ami. Un allié.

N'avait-il pas fait énormément pour elle? Mis à part lui faire découvrir les plaisirs de la chaire? Qu'elle lui en veuille, il trouvait cela normal. Vu les principes qu'elle tentait de tenir depuis tant d'année, il était bien évident qu'elle ne pouvait accepter si facilement de s'être laissé emporter par ses désirs, mais ça avait été tellement bien... l'avait-elle oublié? Pourquoi se voiler la face ainsi, alors qu'il était tellement plus simple de céder!

- C'est bien dommage.


La dame voulait le faire fuir, mais il s'accrocherait, jusqu'à son dernier souffle, parce qu'elle était devenue comme sa drogue. Il ne voulait pas lutter contre cela, il laissait faire lui, il savait lâcher les renes et suivre le courant. Profitez de tout ce que la vie pouvait apporter et cette femme finirait par le comprendre. Avoir un amant était courant, ce n'était pas comme si tout le monde la montrerai du doigt ensuite. Mais ça pourrait lui faire du bien.

- Pourquoi l'oublier? Je trouvais pourtant que c'était agréable. Oh vous vous méprenez Madame. Voilà 8 ans que je m'occupe de votre bien être. Vous n'êtes pas un divertissement, mais quelqu'un que j'apprécie, là est toute la différence. Réfléchissez, si ça n'avait pas été le cas, vous n'auriez plus jamais entendu parler de moi après notre fameuse nuit. Pourtant... je suis là.

Il y avait du vrai dans ce qu'il disait, bon certes, D'York connaissait bien son propre caractère, sa réputation. Elle avait raison de s'y fier, mais quand même... depuis le nombre d'année qu'ils se côtoyaient tout deux, le noble pouvait se permettre de la faire douter de ses convictions à son propos. Oui, elle le voyait comme un chasseur, donc accommodé de la patience qui allait avec ce genre de sport, mais huit ans... quoi que l'on dise, c'était long. Extrêmement long, il pouvait se permettre de lui faire croire que son but depuis tout ce temps n'avait pas été de se glisser entre ses cuisses. Que ce n'était qu'une relation de cause à effet. Après tout, ils s'étaient rapprochés, c'était dans l'ordre des choses, non?

- Personne en effet, mais les voyous ne réfléchissent pas comme vous et moi.


Les mains dans le dos, son pas s'était fait au sien, Zenon ne lâcherait pas Amélia aussi facilement. Il sentait la colère gronder en elle, mais ne s'en inquiétait pas plus. Il la regarda quelque peu intrigué par ses paroles.

- Vous vous dénigrez bien trop, belle dame. Je ne crois pas que votre disparition serait si arrangeante que cela. Beaucoup vous pleureront, moi, y compris. Voilà pourquoi je vous raccompagne. Evitons ce genre de drame à votre famille, puisqu'il semble qu'elle y est coutumière.


C'était sûrement mettre les pieds dans le plat mais tant pis. Il pouvait parfois aussi être un peu direct avec elle. Gentleman certes, mais qui ne se laissait pas faire non plus!


Dernière édition par Zenon De Lascelle le Lun 19 Juil 2010 - 21:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Jeu 15 Juil 2010 - 15:47

Dans cet univers les amis sont fantaisies. Les liens ne sont que calcules. Dans ce royaume la confiance n’existe pas. Ambrosia se construit sur des tromperies. Elle grandie par des bains de sang. Sa naissance en est la plus affreuse preuve. Ce lord, mieux que quiconque, le sait. Il connait les fils des marionnettistes. Le concept d’amitié est là pour rassurer les cœurs. Donner un semblant d’humanité à ces vautours couverts de pierres précieuses. Mais derrière la soie il y a la boue. Amélia jamais ne se repose sur cette idée… d’affection. C’est laisser la porte ouverte aux manipulateurs. Elle n’en a pas besoin.
Mais il semble convaincu. Allié. Alors qu’une fois encore il a essayé de la perdre dans l’alcôve. Maudite festivité de reine. S’il est un ami pourquoi aller contre sa volonté ? Il ne sait pas ce que ces tentatives provoquer dans le foyer des d’York. La marquise devant justifier ses actes. Elle qui déteste cela.
« Si vous l’êtes, alors cessez de vouloir me posséder, et abandonnez moi à mon époux. »
C’est dit. Il doit bien comprendre. Arrêter de provoquer en elle ces instincts dangereux. Non pas de dommage. Pas si ce petit vaurien cherche une autre proie. Elle n’a pas conscience de tous ses effets sur lui. C’est probablement plus sage ainsi. La passion esquisser dans le lit l’a déjà assez perturbé. Ni lui ni elle n’aurait intérêt à la libérer. Amélia totalement épanouie deviendrait une lionne féroce, trop féroce. Un amant pour la combler et aucune éducation ne préserverait son entourage. Comme une gorgone à qui on ôte chaines.
« Parce que c’est plus sage. » C’est vrai. Il était revenu aux diners suivants. Il n’avait pas essayé de l’emprisonner dans un coin sombre. Des allusions subtiles quelques fois. Sur les mots qui lui avaient échappé dans ses bras. Agréable oui. Elle en avait pleuré de dépit. « Mon « bien être » ne regarde que moi. Vous n’appréciez que la résistance que je vous oppose. Et si je savais faire autrement que de répliquer vous seriez partit. Mais… aucun de nous ne changera. »
Deux petits nobles empêtrés. Parce que le jeu est plus important que la tranquillité. Ce n’est même pas le sexe qui les tient. Pas en premier. C’est la force de l’autre. Pourtant il le sait. A moins de devenir veuve, jamais elle n’envisagerait une suite. Qu’il s’occupe de la catin en cheffe. Qu’il s’approprie la Reine si cela lui chante.
Avoir Amélia c’est perdre ce qui l’attire en elle. Sans doute, l’une des raisons de son endurance. Une parmi toutes ses contraintes digne de la Religieuse. « Stop » un ordre réitéré tant de fois. Alors que la première pique aiguise son désir de vaincre. Parce qu’elle a besoin de savoir que quelqu’un la cherche. Besoin de savoir qu’elle n’est pas uniquement, une femme de droit, une épouse exécrable… une mère assassine. Ces masques qu’on lui a offerts sans lui laisser le choix.
Zenon n’a pas peur. Il ne craint pas. L’un des rares à supporter la dame. Elle le sent là, présent. Il ne bouge pas. Face au De Choiseul. Pourquoi rester prés de son cœur de marbre. Il a toutes les femmes. Son visage impassible. Tandis qu’en elle bouillonne des milliers de pensé. Il s’obstinait vers une bonté de pacotille. La pense-il réellement capable de se sous-estimer ? Il ne faut pas la croire apitoyant. Cette attitude est pour les autres. Il n’a pas conscience de toutes les réalités. Alors elle lui dit. Le regard fixé sur l’épée du monarque. La voix aussi sereine que mortifère.
« Quand je meurs, le Marquis hérite de tout ce que mon père m’a légué, sans obligations envers les Clark. Et en dehors de toutes considérations économiques, il pourra se remarier. Avoir des héritiers. Alors ne soyez pas sentimental Zenon. Cela ne vous scié point. Ma famille… se passe parfaitement de moi, puisqu’il semble que je n’y sois qu’une semeuse de malheurs. » Ho non ce n’est pas dit avec tristesse. Jamais de larme sur son propre sort. Mais elle s’en veut. Ces décisions trop censées. Cette opiniâtreté destructrice qui l’auréole. A, bientôt trente ans, rien ne lui promet une rédemption. La marche reprend lentement. Aller vers a sortie de ce lieu. Quitter cette brise à la saveur fruiter. Eloigner la présence du père, du frère et de l’amant. Retourner sur les trottoirs d’une ville indifférente. Son pas est plus silencieux. Son corps réclame juste un peu de… légèreté. Incapable.
Ils passent le grand portail. Entrant à nouveau dans la cité, la grande fourmilière. Aucun cocher à ses armoiries n’attend. L’épouse a refusé la calèche. Gorges n’a pas insisté aujourd’hui. Le calme qui l’accompagna à l’allée s’est volatilisé. Les commerçants hurlent, les bons gens passent. Amélia avance dans cette foule sans la moindre hésitation. Les passants dérivent pour lui libérer la route. Son rythme n’a pas changé. A quoi bon se presser de regagner cette maison ? Une main déposée sur son ventre. « Vous savez pourtant que je n’abandonnerais pas. Vous perdez votre temps et votre énergie. »
Quelque part c’est pour l’aider. Elle le lui répète. Tout ce temps est vain. Un marchand de fleurs sur leur droite. Un petit étalage odorant. Il ne faut pas plus. Il les regarde tous les deux. Amélia avance et désigne gracieusement le bouquet de camélias blancs. Le commerçant tente un dialogue elle se contente de payer. Il le sait qu’elle aime les fleurs. C’est son péché. Doucement elle détache l’une d’elle de ses sœurs. C’étaient les mêmes qui décoraient la chambre. Celle que Laure leur avait laissée. Réminiscence soudaine et charnelle. « Si j’avais été plus humaine, vous m’auriez peut être retenue. »
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MessageSujet: Re: Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé) Dim 18 Juil 2010 - 14:14

Les paroles d'Amélia étaient presque tragiques, l'abandonnée à son époux. Quelle horrible façon de voir les choses. De quoi convaincre un peu plus Zenon, qu'il se devait, parfois, de la tenter, de la faire tomber dans ses bras. La vie morne et monotone de la Marquise, en tous les cas, en ce qui concernait sa couche et ses envies si inavouables, devaient être comblées. Pas tout le temps, mais si ce genre d'écart pouvait se faire au moins une fois tous les mois, voilà qui serait une belle bataille de gagnée! Elle n'avait pas l'air de s'en rendre compte, mais une femme épanouie aussi sur cette partie de son existence, apportait un plus. Il lui apprendrait. Quand elle l'accepterait pleinement.

- Bien au contraire, je le suis parce que je souhaite vous sortir de votre routine. Mettre un sourire sur votre visage.
A défaut du reste, bien qu'il l'avait trouvé plus que magnifique en amante, sauvage dans son plaisir. Beaucoup plus désirable encore, que lorsqu'elle portait ce masque de froideur. Bien qu'il avait son charme aussi, puisqu'il ne lui donnait qu'une envie, le briser, pour voir ce qu'il cachait. Encore plus maintenant qu'il connaissait l'envers du décor. Cette nuit là, il ne l'oubliera jamais.

Plus sage? Pff... c'était simplement se voiler la face. L'homme ne voyait pas en quoi cela serait plus sage. Avait-elle tellement peur des conséquences et des qu'on dira-t-on? Sûrement, elle tenait à son image, mais De Lascelle savait être un homme on ne peut plus discret. Quel intérêt pour lui d'aller crier sur tous les toits que la Dame D'York était à lui? Qu'il volait au marquis tout les plaisirs de la couche? Aucun, en tous les cas, pour le moment. Et puis non, il ne voulait pas oublier, surtout pas.

- Parce que vous avez peur de recommencer? Il voyait le sous-entendu. Connaissant la dame, jamais elle ne l'avouera de vive voix, mais rien ne l'empêcher de poser la question. Pour qu'ensuite elle y réfléchisse, plus posément. Elle pèsera peut-être le pour et le contre, avant de se rendre compte de ce qui pourrait lui être bénéfique, si elle arrêtait de se braquer ainsi.

Sa tête bougea de droite à gauche, doucement. Non, il n'était pas d'accord avec ce qu'elle disait, ou en tous les cas. Le faisait croire. Certes, la résistance de la dame était un défi de tous les jours, l'avoir ensuite était une énorme réussite et une satisfaction sans borne. Mais il n'y avait peut-être pas que cela.

- Je ne suis pas d'accord, encore une fois. Il regarde aussi vos proches, est-ce que monsieur votre mari vous satisfait assez pour vous sentir épanouie? Dans tous les domaines auxquels vous penserez madame.
La regardant intriguer. Et pourquoi serais-je parti? Expliquez-moi.

Elle le cernait bien, mais bon, ils se côtoyaient depuis si longtemps aussi. Le contraire aurait été étonnant.

- Il suffit simplement de faire des compromis.

La dame ne trouverait pas cela simple, en pratique encore moins, mais parce qu'elle se mettait bien trop de barrière, au lieu de lâcher prise, un peu, d'accepter ses envies et ses besoins. Qu'il était parfaitement prêt à combler. Oui bien sûr, son intérêt personnel allait sûrement avant celui de sa conquête, c'était un jeu qu'il appréciait, mais si Amélia avait pu lui taper dans l'œil aussi rapidement, c'est qu'il se dégageait quelque chose de cette femme qu'il voulait pour lui. Comme si elle avait été faite pour lui et qu'il se devait de l'avoir.

Elle s'ouvrait un peu à lui, lui expliquant qu'au final, elle n'avait pas de grande valeur aux yeux des autres. Que ce soit économiquement parlant ou familialement, tout ça parce qu'elle n'arrivait pas à avoir d'enfant. Mais c'était encore se sous-estimer. A la voir évoluer aux seins des siens, De Lascelle doutait quand même de ses paroles, les Clark semblaient être quand même soudé, en tous les cas, au niveau de la fratrie, elle serait regrettée quoi qu'elle dise.

- Vous vous dénigrer Ma Dame. Je me répète peut-être, mais malgré vos dires, je suis persuadé que l'on tient à vous, à commencer par Jack.

Un simple prénom, qui voulait tout dire. Le comte connaissait les liens si spéciaux qui unissaient le frère et la sœur. Voilà pourquoi il le mettait sur la table, pour qu'elle se souvienne que non, elle n'était pas si transparente que cela. Se poser en victime n'était peut-être pas sa tasse de thé, pourtant, ses paroles pouvaient faire penser le contraire. Le noble connaissait son caractère fort, il connaissait aussi ses tabous. Et parler du petit frère était le meilleur moyen de lui rappeler qu'elle n'était pas si dispensable que cela.

Marcher à travers le peuple, comme des inconnues, avait quelque chose de fort, surtout avec elle. Il se serait prit l'envie de tenter quelque petite chose, juste pour s'amuser. Personne ne les regardait, ils étaient totalement ignorés, contrairement à leur rencontre à la Cour ou dans les dîners, ou quoi que l'on fasse, les regards indiscrets, se portaient une fois ou l'autre sur vous, pour savoir ce que vous faisiez, pour jauger, juger, critiquer. Dans la foule, plus personne pour se connaitre, ou alors le hasard faisait bien ou mal les choses. Mais de quoi se rapprocher un peu. L'homme marchait toujours à ses côtés, observant la vie qui grouillait autour d'eux, tout en l'écoutant.

- Je ne perds rien en votre compagnie, Marquise, je l'apprécie. Et je pense pouvoir user de mon temps et mon énergie à ma guise, quoi que vous disiez.


Ils s'arrêtèrent, devant un marchant de fleur. Pas connaisseur pour un sous, il reconnu pourtant les fleurs, camélia. Les fleurs préférées de la dame, il le savait. Il l'observa les acheter, silencieux, avant qu'elle ne le prenne de court. Il la regarda alors avec des yeux intrigués, venait-elle de lui faire un quelconque aveu? Devait-il y lire quelques sous-entendus de regrets, d'avoir écourté si rapidement cette nuit prometteuse? L'aveu d'avoir eu envie de continuer? Possible.

- L'auriez-vous voulu belle dame? S'approchant légèrement d'elle, murmurant ses mots à son oreille, alors qu'ils s'étaient éloignés de l'étale de fleur. Que je bondisse de ce lit où vous m'aviez abandonné, pour vous empêcher de partir? Vous collez à cette porte pour que vous ne puissiez plus l'ouvrir et s'unir à nouveau contre le bois?

Son souffle, seul, effleura sa peau un instant, avant qu'il ne reprenne un peu de distance avec elle, il connaissait déjà la réponse. Jamais elle n'avouerait de vive voix ce que ses désirs lui commandaient. Mais c'était tellement agréable de venir les titiller, les rappeler à elle.


Dernière édition par Zenon De Lascelle le Lun 19 Juil 2010 - 21:15, édité 2 fois
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Hommage mortuaire sous un cerisier [Zenon] (terminé)

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