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TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE]

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Amélia de Lascelle
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MessageSujet: Re: TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE] Mer 4 Aoû 2010 - 1:04

Les gens autour ne peuvent s’empêcher des coups d’œil curieux. Qui vient voir la Laroussin ? Les badauds ne connaissent pas le visage des nobles. Sauf peut être celui de la monarque en titre. Sa face est sur chaque pièce de monnaie. Sinon il y a les portraits. Ceux des peintres. Ces peintures que tous personnages d’Ambrosia fait en sorte d’avoir. C’est une marque. Un signe d’importance, de reconnaissance entre mille, d’appartenance...
Toutes les grandes familles ont leur arbre généalogique sur les murs. Les ancêtres de Georges sont placardés le long d’un grand couloir à la Villa. On peut ainsi remonter le temps des d’York au moins jusqu’en 1750. Les Clark ont à peine quelques croquis familiaux. Des esquisses hasardeuses de quelques artistes oubliés. Un peu comme David et ses croquis d’adolescent. Monsieur le Marquis a voulu, après les noces, faire la commande pour son épouse. Chose fait. Depuis neuf ans il attend son heure dans un coin. *Dévoilé quand je ne serais plus là pour le voir.*
Donc non aucun esclave ne peut la reconnaître ici. C’est bien pour cela qu’elle a accédé à la requête du médecin. Que ce n’est pas l’une des domestiques qui est là aujourd’hui. C’est prendre un risque. Parce que certains bourgeois côtoient ces lieux communs. Justifier sa présence l’obligerai à mentir. Amélia évite toujours le mensonge. C’est une pratique qui ne lui inspire que mépris. C’est dégradant de devoir travestir ses actes. Enfin. Elle n’a pas le choix. Il lui faut une solution. A tout prix… presque, n’importe quel prix.
Le sourire de la vendeuse la met immédiatement sur ses gardes. Cet air ne lui est pas étranger. Elle l’a souvent. Quand la situation et sous son contrôle, quand elle a l’avantage. Cette fois ce n’est vraisemblablement pas le cas. Soit. C’est déplaisant. Pourtant il faut s’en accommoder. Elle n’est pas de la dernière pluie. Cette femme sait parfaitement qui est devant ses yeux taquins. Le terrain peut être reprit. Il suffit d’un peu de poigne. Amélia lui sourit telle la louve à la lionne.
« Amélia d’York. Inutile de redire le reste. Monsieur Sentos vous a informé. » Ho non la dame n’en dira pas plus. C’est assez. Qu’elle ne s’amuse pas ainsi encore de la situation. Peu importe les rapports de force actuels. On n’embête pas une Clark inopinément. Tout le monde est au courant à la Cour ou ailleurs. Une sorcière, même la plus puissante, doit s’en souvenir. *N’est-ce pas fille de Lucifer ? * Mieux vaut ne pas solliciter des démons intérieurs de cette Marquise. Car si le scandale la contrarie la violence ne l’effarouche point. Un homme au moins peut le lui murmurer sous serment. Une confession bien choisie pour la servante des sabbats. Mais qu’importe cet engagement anti religieux tant que la future mère a ce qu’elle veut !

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Amélia Lassourin
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MessageSujet: Re: TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE] Mer 11 Aoû 2010 - 15:20

    La dame ne semble pas de bonne augure. Une femme de caractère au sens aigu du commerce ? Peut être…
    Je n’ai aucune envie de la voir s’effaroucher ou bien croire un instant que je veuille la dominer. Il est certain que cette femme me pense sorcière, uniquement, commerçante du diable et de ses maléfices. Encore une qui ne croit qu’en la magie des ténèbres et qui ne se doute pas un instant que tout n’est qu’une question de science. Elle ne rend pas compte, elle, une noble que la vie s’explique d’une manière ou d’une autre et que même si Dieu existe il a lâché ses créations pour que les hommes apprennent seuls. Et j’ai très bien appris de la vie. J’ai appris la nature et ses secrets, ce que cachent les plantes. Leurs bienfaits comme leurs mauvais augures. Ne me juge-t-elle donc que comme une sorcière ? Une simple mégère de bas quartier qui ne vit que pour le diable et ses méfaits ? Cela me fait sourire, presque rire mais je retiens mon visage de laisser exprimer cela et d’un regard je me contente de la fixer avec intensité.
    Voilà donc une noble infertile assez fière de son rang pour ne pas détourner le chemin ailleurs que sur ce qu’elle est venue cherchée. Santos m’a prévenu, elle n’est pas facile, elle sait y faire en marchandage, que m’importe. Ma vie n’a été destinée qu’à l’abrutissement de l’humain et à mes recherches scientifiques. Je ne vois rien de plus qu’en ce travail la possibilité de découvrir bien des choses, plus de chose que je ne l’aurais deviné, plus de chose que ma grand-mère aurait imaginé.

    D’un mouvement rapide, je sors de mon manteau une bourse assez épaisse, au poids certain. Je la tiens entre mes mains un instant, je fais fie de ses regards, ils ne m’effraient pas même si ses yeux d’azur semble aussi froid que la mort. Je soupire, je rêvasse un instant. Je ne me moque pas d’elle, je fais juste profit de ma supériorité, elle qui dans son ignorance ne me considère que comme une vulgaire sorcière. Il est temps de la remettre à sa place.

    -Votre mari devra prendre ce remède chaque matin et chaque soir. Il risque de voir s’éveiller en lui, l’envie de son épouse. Comme l’a dit le médecin ne couchez pas avec lui sans raison. Attendez quatorze jours après le premier jour de vos menstruations. Et s’il vient à être trop désireux de vous, une petite fiole dans la bourse dans un verre d’une quelconque boisson suffira à le faire dormir et calmer ses ardeurs.

    Je sortis une autre bourse plus petite.

    -Quand à vous, vous prendrez ceci. Je dois vous avouer que je ne fais mes expériences que sur quelques personnes. Seules deux femmes ont touchés à ce traitement, l’une d’elle a eu deux jumeaux, l’autre est morte en couche. La nature ne voulait pas qu’elle est d’enfant. Et l’on ne va pas à l’encontre de la nature si ce n’est pas ce qu’elle désire. Cependant à ce que m’a dit le docteur, ce sont vos enfants qui s’échappent trop tôt de votre corps. J’ai veillé personnellement à une autre préparation qu’il ne vous a pas donnée.

    Une troisième bourse vient entre mes mains. J’attrape sa main et les lui met au cœur de la paume. Dans un sourire confiant je lui donne les dernières instructions.

    -Prenez le premier traitement. Chaque soir dans votre thé et laissez faire les plantes. Si vous tombez enceinte, commencez la deuxième bourse. Chaque soir et matin, dans votre thé, une cuillère de la préparation. Cela fortifiera votre corps, et permettra à l’enfant de résister entre vos entrailles. Ne faites cependant plus d’efforts enceinte, calèche et cheval sont à proscrire, de trop longue marche, et surtout ne laissez pas votre mari vous touchez. Il faut que votre con ne subisse aucune attaque trop violente. Et ne mélangez jamais les préparations que Vous devez prendre avec autres choses que du thé.

    Je relâche sa main et m’éloigne d’elle.

    -Gardez votre argent, je ne me fais pas payer pour ce genre de chose. J’aime étudier les plantes et vous contribuerez bien assez à mes recherches si vous avez un enfant. Maintenant veuillez m’excuser, j’ai mon costume de sorcière à remettre.

    Il est bon de parler ainsi. De ne pas passer pour une sorcière alors que ce n’est pas vraiment ce que l’on est. Cette femme peut me juger mais elle ne peut me faire plier ni même m’impressionner. Après tout j’ai tué bien de nouveaux né dans mes messes noires pour craindre de sa personne.


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Amélia de Lascelle
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MessageSujet: Re: TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE] Dim 15 Aoû 2010 - 15:25

Bien sûr elle s’est renseignée. Mademoiselle Laroussin est un sombre personnage d’Ambrosia. Il lui suffit de quelques questions, aux bons interlocuteurs. Car les risques doivent être prévisibles. Amélia accepte un danger en toute connaissance de cause. Quitte à aider Dame Nature que ce soit avec la meilleure de ses servantes. Cette sorcière est douée même ses adversaires le souffle. L’accord sera donc rapide. N’est-ce pas ?
Dans ces terres enfantines. Sur le territoire des Clark il y a ces femmes au savoir ancestral. Il y a ces mère aux mains divines qui en quelques gestes font ou bien défont les miracles. Elle aurait put profiter de son ses derniers jours là bas. Aller voir la vieille tisseuse à la sortie des champs. Mais mêler les siens à sa défaillance… qu’aurait-dit Mère ? *Il n’y a guère qu’une Charpentier pour savoir que je triche.* Alors elle prend sur elle cet aveu d’impuissance. Et elle écoute la voix qui peut être la sauvera du déshonneur.
Les bources s’ajoutent au fil des recommandations. D’York tient un journal depuis neuf ans. Elle surveille son corps depuis toutes ces années. Chaque signe consigné dans l’espoir de comprendre où est sa faute. De tous, le plus dur –si tant est qu’il y en ait un- ce fût sans aucun doute la perte de Chloé. Parce qu’en ce printemps (il y a deux ans) la grossesse entrain dans son cinquième mois. A-t-on idée d’arracher des entrailles un petit être si reconnaissable, si fragile, en pas vers la vie. Toutes les précautions avait été prises ! Ce simple souvenir fait frissonner sa chaire meurtrie.
Ses iris s’attardent sur la faiseuse d’ange. Il faut à peine une seconde pour que sa paume droite soit alourdie. La main bienveillante bouscule un peu sa superbe. La vérité c’est qu’Amélia n’en peut plus de ces drames. Le sourire la pousse à parler. C’est à peine un murmure face à un sourire qu’elle ne veut pas recevoir.
« Six… tous les six enfuis, sans que je sache pourquoi. Six êtres auxquels elle s’attacha avec amour. Et à chaque fois le même gouffre infernal la reprend en son sein. A chaque fois il faut se pardonner. Cette inconnue peut-elle entendre la révolte dans cette phrase ? Ce sentiment d’injustice qui mange son humanité au jour le jour. La mort ne lui fait pas peur. Elle l’a dit au comte il y a quelques jours. Elle peut le répéter ici. Ses doigts se referment sur le tissu gonflé par les herbes. Je ferais tout ce qu’il faut voilà tout. » Assurément. Elle ne tolérera jamais un… neuvième deuil.
Sa fermeté revient à mesure que l’envouteuse s’éloigne. En effet Amélia se préparai en sortir un bource personnelle. Mais la commerçante anticipe. Un sourire carnacié détend la bouche de sa cliente. Cobaye certes. Cette Marquise n’est pas femme à s’en contenter. Un prêté pour un rendu. Elle lâche la paye sur l’étale. Elle non plut ne pliera guère. Autant en prendre son parti magicienne des ténèbres.
« Considérez-que voilà une donation pour recherches. » Un simple hochement de tête pour clore leur dialogue. Point de merci avant qu’il n’ait un sens entre elles deux. Chacune son travail. Bien. Les trois bources sont d’or et déjà dans un pli de sa robe. Quelques minutes seulement pour enclencher le processus. Les instructions sont gravées. Elles seront suivies à la lettre. Son retour à la villa annoncera donc des changements. Georges reviendra dans son lit dés ce soir. L’idée est déjà prête pour cela. Car après tout un séjour auprès d’une mère avisée adoucie n’importe qu’elle jeune femme…
Sa silhouette s’en retourne vers le haut de la rue. Aussi digne qu’en entrant. Silencieuse et drapée par sa résolution. On ne l’arrête pas une seule fois. L’intuition collective lui offre une paix précaire. La Villa l’attend pour le repas du midi. Elle sera à l’heure comme toujours. Dans un peu plus d’un mois elle aurait trente ans. Son plus beau cadeau n’attend plus qu’un peu d’eau chaude. Tandis que son âme attend tout simplement de devenir mère.


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MessageSujet: Re: TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE] Mer 1 Sep 2010 - 13:48

Comme chaque matin, Monseigneur Bottons, prêtre d'Ambrosia sous l'égide de Sa Sainteté Monseigneur l'Évêque, se promenait dans les rues d'Ambrosia, appréciant la fraîcheur du matin après une bonne séance d'exercices matinaux dans la cour de la grande Demeure Palatine. Tout particulièrement, il appréciait le marché et ces étals, d'abord parceque cela lui permettait de prendre la température atmosphérique et politique de la journée mais aussi de voir la ville s'animer et de profiter de toutes les bonnes odeurs. Les viandes, les poissons mais aussi les fruits et les légumes, les plantes et autres aromates, un petit festival qui vous aiguisait le nez et les papilles mais aussi par une profusion de couleurs contrastaient avec le morne ordonnancement de sa tenue de prêtre, un costume entièrement noire, y compris la chemise, une croix argentée au revers de sa veste et un col blanc amidonné ou col romain fermant le haut de sa veste. Heureusement pour notre chère Phillipe, le soleil ne brûlait alors pas assez fort pour rendre sa déambulation suffocante.

Allant pas à pas d'étal en étal, serrant quelques mains qui lui étaient tendus, affichant ce sourire doux et amical que les gens cherchent dans le visage d'un prêtre, toujours un bon mot ou une petite attention pour les plus humbles et les plus croyants. N'était-il pas en quelques sortes leur fil direct avec le Seigneur ? N'était-il pas à l'écoute de leurs tourments pour les aiguiller vers le Salut ? Quoiqu'il en soit, il accomplissait son œuvre en se mêlant au peuple, s'assurant d'être aimable et serviable afin que tous soient juges de sa probité lorsqu'il vit du coin de l'œil l'étal d'Amélia. Se promettant de s'y rendre plus tard, il fit d'abord le tour du reste du marché comme si de rien n'était avant de revenir sur ces pas, fit mine d'observer avec intérêts les plantes présentées à d'autres étals avant de venir vers Mlle Lassourin d'un pas nonchalant, calme et mesuré comme c'était là toujours le cas. Il jette un œil aux plantes et aux remèdes dans leurs bocaux, sait qu'on l'observe, non, qu'on les observent, que bien des regards sont braqués sur eux, des regards curieux de badauds qui se demandent ce qui pourrait bien résulter de cette entrevue.

Phillipe s'approche, ce même sourire affable aux lèvres, détourne le regard des plants et plonge ces yeux dans ceux d'Amélia.


-"Bonjour mademoiselle Lassourin. Je m'aperçois que cet emplacement à toujours votre préférence ? Ceci dit, je comprend parfaitement pourquoi, les odeurs de boulangerie sont préférables à celles de poissonnerie lorsque l'on fait commerce. Alors dîtes-moi, de quel mal pensez-vous pouvoir prémunir les gens lorsque viendrons les premiers froid ? Pensez-vous vraiment que vos plantes les empêcherons d'attraper la grippe ?"

Une petite pique pour rassurer les plus bigotes des grenouilles de bénitiers. Non, il ne croyait certes pas aux histoires de sorcellerie et reconnaissait bien volontiers que certaines plantes avaient des vertus médicinales, cela tout docteur se serait fait un plaisir que de vous le dire, mais il était suffisamment de rumeurs sur cette femme et certaines personnes si superstitieuses qu'il se devait de se montrer prudent.

-"Et contre le mal de gorge, auriez-vous quoi que ce soit qui fut à même de soigner un mal de gorge ?"


Voilà une question que l'on pouvait attendre d'un homme d'Eglise dont la voix se devait d'être entendue haute et claire...
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Amélia Lassourin
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MessageSujet: Re: TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE] Sam 4 Sep 2010 - 9:10

    Le départ de la noble m’a laissé aussi froide qu’indifférente. Ce n’est pas la première qui après service rendue, fait sa maligne, prenant de plus haut que je n’ai osé le faire. Mais son argent ne me servira pas. Je n’en veux pas. C’est ainsi que l’enfant qui passe près de mon étalage, le regard avide sur la boulangerie, aussi crasseux que maigre se voit offrir l’argent. Sans mot dire, je le lui tendis, esquissant un sourire et posant mon index sur mes lèvres, je lui signifie de se taire et de s’en aller. Elle me remercie tremblante, cherchant sa mère du regard ou qui que ce soit qu’elle puisse considérer comme sa famille puis s’en va en courant. Je la regarde disparaitre dans la foule…
    Ambrosia n’est pas que peuplé de noble, combien de pauvres gens errent dans ce monde ? la reine essaye tant bien que mal de sortir ses personnes de la pauvreté, mais combien d’entre nous ne peuvent même pas manger à leur faim chaque jour. Sa Grande Majesté essaye tant bien que mal de subvenir au besoin des terres éloignés comme ceux de son île, bon nombre finissent par faire leurs études, nourris et logé dans des pensionnats pourvus à cet effet, mais combien ne font que profiter de ses bourses pour s’empiffrer jusqu’à plus soif, cuvant leur alcool au fond de la maison close ou de tavernes écœurantes. Un sourire se dessine sur mes lèvres, alors qu’on plus loin de la masse du marché, j’aperçois mon très cher saint père…

    Je ne lui porte pas mon attention, non je fais comme il fait. Semblant de ne pas l’avoir vu. Je détourne mon visage, m’occupant à parler à une de mes clientes que je soigne contre l’arthrite. Je le laisse vagabonder sur tout le reste du marché, il viendra à moi tôt ou tard. Il vient toujours à sa sorcière préférée mon petit prêtre diabolique. Je l’observe dans son costume noir et son col blanc, je le regarde du coin de l’œil vérifiant son arrivée. Et lorsque ma cliente s’en va, bourse de plante en main, je m’accoude à mon étalage, mes mains soutenant mon visage. Je ne dresse pas mon regard sur lui lorsqu’il arrive, je souris à ses paroles, amusée, maligne comme toujours.

    -Bonjours mon père…

    Ma voix suinte l’amusement, un peu provocante, je lui laisse admirer mon sourire tout comme mon décolté. Ce cher prêtre…

    -Un peu de tisane de sauge à vous gargariser. Ou de l’huile de thym ? Pour que vous puissiez nous enseigner les bonnes paroles de notre seigneur !

    Les bigotes écoutent. Grenouilles de bénitier toujours à l’affut de l’attention du prêtre. Vieille harpies en manque de tendresse. Délaissées de leur mari et de leurs enfants. Je souris et me redresse. Passant de l’autre coté de l’étalage là où le prêtre se tient, je saisis au passage une bourse de tisane de sauge et un petit flacon d’huile de thym. Les portants à la main de l’homme, je les glisse dans sa paume veillant à effleurer du mieux que je peux sa chaire. Mon petit complice préféré, mon bon petit diable qui ne se doute peut être pas encore de tout ce que je peux lui faire découvrir.


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MessageSujet: Re: TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE] Mer 8 Sep 2010 - 15:24

Les rencontres avec Amélia ont toujours ce parfum d'interdit, ce parfum épicé, fragrance envoûtante qui nimbe sa chevelure et le creux de son cou. Ce goût de danger sur la pointe de la langue, le bruit du sang qui bat dans les tempes poussé par un cœur qui bat trop fort. Si ils savaient, eux, tous, les badauds comme les grenouilles de bénitier à quel jeu dangereux pouvait jouer ce si bon Père Bottons. Là, gentiment devisant au comptoir de l'herboriste sur l'art des Simples, ce qui se donnait à voir, c'était un prêtre charitable offrant une main secourable à une pècheresse reconnue, lui offrant la parole divine pour rédemption mais ce que tous ignoraient c'est à quel point cette main pouvait être marquée par le sceau de la folie. Les yeux du prêtre parcoururent le corps de la jeune femme, en apprécièrent les courbes comme toujours depuis qu'ils s'étaient rencontrés, sachant pertinemment que la jeune femme en jouait, jouait de cette influence de la chaire sur lui qui jusqu'ici par crainte, superstition et mysticisme n'avait jamais osé trop sauter le pas. Et elle, elle était devenu ce douloureux rappel de sa masculinité qui bien souvent vous étreint la nuit ou viens vous cueillir au petit matin.

Père Bottons frissonne sous ce costume noire sans que cela ne puisse se voir, sentir les cheveux sur sa nuque qui se hérisse alors qu'elle parle de cette voix chaude et provocante, ce balancement sensuel des hanches quand elle quitte son étal et enfin, cette peau, cette chair de femme qui effleure la courbe de sa propre main. Ah ! déluge de sens quand tu nous étreint. Le prêtre se saisit de la bourse de plante d'une main preste, sans faire mystère et l'enfourna dans son costume, sous sa pèlerine dans une poche discrète où vient l'y rejoindre la petite fiole.


-"Je vous remercie Damoiselle Lassourin, sans vous, que deviendrais donc nos pauvres ouailles. Quand bien même elles se plaignent, elles restent bien contentes de vous trouver quand leurs articulations les fait souffrir"

Et en cela il visait directement les vieilles femmes qui, crachant sur la jeunesse et la beauté d'Amélia, la qualifiant de sorcières et qui, le soir venu, venaient chercher chez elle de quoi calmer leurs vieilles douleurs. Et venaient ensuite s'en confesser auprès du prêtre. Ah, comme le monde est petit.
Il se pencha ensuite légérement pour pouvoir lui glisser quelques mots à l'oreille.

-"Amélia, que diriez-vous de nous rencontrer ce soir à la nuit tombé ? Nous pourrions préparer la prochaine... animation pour notre cercle d'amis communs ? Qu'en pensez-vous ?"


Toujours à mots couverts, une pointe sibylline pour ajouter au souffre de leurs entrevues secrètes. Les mystères de la foi et leurs envoûtantes révélations...
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MessageSujet: Re: TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE] Jeu 16 Sep 2010 - 15:30

    Il est de mes jouets préférés. Un complice avec qui j’aime faire mes mauvais augures. Je sais bien la logique de son raisonnement, et je croirais presque parfois qu’il a deviné le mien. En tous cas, notre bon prêtre n’est certainement pas un envoyé de Dieu. Au contraire même vu son plaisir à tourner autours de moi et faire ses mauvais gestes les soirs de lune noire, lorsque l’on convie le diable en Ambrosia. Ah le diable ! Ma petite image favorite, celle qui fait peur à presque tous les hommes, alors qu’il est souvent bien caché déjà au fond d’eux…
    Le jeu avec Philippe Bottons est grisant et parfois aussi dangereux. Mas bientôt une nouvelle messe noire aura lieu, bientôt. En tous cas laquelle de ses grenouilles de bénitier pourrait se douter de ce qui me lie à ce bon prêtre. Le sang qui macule ses mains lorsqu’il enfonce dans la chair tendre d’un nouveau né, le couteau du sacrifice. Une pièce de théâtre terriblement dramatique où les acteurs savent jouer leurs rôles à la perfection. Mais pour le moment, ils parlent, ils papotent, comme n’importe quel passant dans une matinée si calme. Presque trop calme.
    Je me plais à tenter le prêtre, je l’avoue sans retenue, j’aimerais l’avoir pour moi seule une nuit, un jour, un instant. Il a un charme plaisant, différent de Magnus, mais quelque chose qui me plait. Peut être juste la tentation d’un désir. Celui de le faire céder aux plaisirs de la chair, celui de le faire succomber, de le faire sombrer un peu plus dans le péché et dans ce qui lui est interdit. J’imagine souvent l’ardent désir que je pourrais lui faire découvrir et mes courbes bien souvent l’appel, complainte de luxure que je voudrais tant lui faire découvrir. Je souris comme le diable à sourit à Eve, je l’invite près de moi un peu plus à chaque fois, mais je ne fais qu’attiser son ardeur, faire brûler les cendres d’un feu qui me plairait de faire consumer. Je sais bien qu’il s’éveille peu à peu à cette envie, il suffirait peut être d’un rien pour l’avoir entre mes bras. Mais patience encore, patience…

    Je peux presque sentir l’éveil que je provoque en lui, balançant les courbes de mon corps de manières plus que provocante, ne les offrant qu’à sa vue. Il s’empresse de ranger la bourse, comme si un contact avec ma chaire suffirait à la faire chavirer. Pourtant je suis encore bien sage, il devrait le savoir, je suis capable de bien plus que cela.
    Il me parle des vieilles folles qui viennent me demander de l’aide, je n’en veux pas à ses vieilles femmes, elles ne voient que le danger de leurs âmes en venant me voir, mais le besoin de leurs corps de s’offrir mes plantes. Les douleurs que les médecins ne peuvent calmer, le savoir de leurs propres ancêtres qu’au final je possède. Combien murmure mon nom comme une bénédiction ? Combien sont si vite rappelés à l’ordre que je ne suis qu’une malfaisante sorcière ?

    Il se penche vers moi, l’odeur de sa peau se glisse contre la mienne, le parfum envoutant de la religion peut être. Je souris à ses paroles, oh oui, la nuit tombée, près de moi, rien qu’à moi sans observateur. Délicieusement je pose une main sur son bras, je rapproche ma joue de la sienne, comme si je lui disais au revoir, dans un baiser bien sage, joue contre joue et je souffle à son oreille.

    -Venez donc me voir chez moi dans deux jours. A l’heure de la nuit qui vous convient, je vous attendrais, je vous le promets.

    Je me retire doucement, sentant encore le contact chaud de sa peau, je lui glisse un clin d’œil voluptueux. Oui dans deux jours chez moi…deux petits jours mon prêtre…


    =>Une nuit d'insouciance


Dernière édition par Amélia Lassourin le Mar 14 Déc 2010 - 17:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE] Mar 21 Sep 2010 - 15:57

Tentation, mère de tout les pêchés, c'est par l'envie inassouvie que s'amorce la déchéance. Or, pour notre bon prêtre, c'est par la connaissance et surtout la curiosité maladive qu'il a sombré peu à peu dans de biens sombres arpents. Et à présent, à cette curiosité intellectuelle se mêle celle de la chaire, car depuis son arrivé à Ambrosia, désormais loin du carcan minéral de la cellule d'un monastère il baignait bien souvent dans la sulfureuse fragrance émanant de la personne d'Amélia. Des courbes pleines et attirantes, des yeux qui vous commandent de la prendre là, tout de suite sur l'étal du marché et qui le tourmente jusque dans ces nuits solitaires. Des images, des souvenirs l'assaillent, il l'a déjà vue dans des situations et des postures bien plus indécentes encore, l'a entendu gémir et soupirer plus que de raisons parfois même sans qu'elle ne soit conscient de sa présence. Un profond émoi le saisi sous son habit sacerdotale. Il fait mine de rien car sa posture l'exige, il en va de leur survie à tout les deux, de la survie de son Grand Œuvre que pas un ne doit soupçonner et surtout du salut de sa personne face à la communauté.

Phillipe fait comme si de rien n'était mais frémit tout de même sous le contact de la joue de la jeune femme contre la sienne, quelques mots murmurés comme des ordres, une invitation, une promesse. Quelque chose auquel il a déjà renoncé, par peur, par devoir, il ne sait plus, ne sait pas et c'est bien là ce qui le tourmente le plus, la curiosité de savoir ce que c'est.

Phillipe se retourne enfin et prend la direction des grandes artères d'Ambrosia sans même un dernier regard à Amélia pour ne pas attirer d'avantage l'attention. Déjà mentalement il se prépare à cette prochaine nuit, à la manière dont il échappera aux frères et aux autres convers de la demeure de l'Evêché, à la manière dont il récupérera certains de ces effets avant de se rendre au lieu de rendez-vous.

Une nouvelle plongée dans l'inconnu...
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TERMINE. Au matin, lorsque se lève la brume. [LIBRE]

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